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Lundi 27 mars 1876
Je ne sortirai pas, je me suis enfermée, il est quatre heures, je ne trouve pas de paroles pour décrire mon tourment, la plume n’obéit pas à mes doigts, je suis hébétée, stupide.
J’aime le duc de Hamilton. Je m’étonne comment j’ai pu baisser mentalement mes prétentions !
Ambitieuse comme quatre cents diables j’étais abrutie quand je pensais simplement.
Gardons-nous bien de commettre quelque folie incorrigible dans un de ces moments d’abrutissement. Je m’en casserais la tête ayant retrouvé mes esprits.
Il faut aller dans le monde ! Il faut aller dans le monde ! Il faut aller dans le monde ! Pour arriver là, allons en Russie.
Mon Dieu, Seigneur prenez mon âme en miséricorde et ne me repoussez pas impitoyablement.

Je n’ai jamais dit un mot du duc, il est le seul homme dont je n’aie jamais prononcé le nom en riant. On savait bien que j’en étais amoureuse, mais je n’en ai jamais dit un mot à personne.
Lettre recopiée · Lettre de Marie à son père, Rome, mars 1876Rome, Hôtel de la Ville, 10 mars.Cher père.Vous avez toujours été prévenu contre moi sans que j’eusse jamais rien fait pour justifier cette prévention. Je n’en ai pourtant perdu ni l’estime ni l’amour que doit à son père chaque fille bien née.Je me crois obligée de vous consulter dans toutes les occasions graves et je suis persuadée que vous y prendrez l’intérêt que de pareilles matières comportent.Je suis recherchée en mariage par M. le comte B... Maman a dû vous l’avoir déjà dit;mais hier encore j’ai reçu la demande de M. le comte A., neveu du cardinal A...Je me crois trop jeune pour le mariage, mais dans tous les cas je viens vous demander votre avis et j’espère que vous me le donnerez. Ces deux messieurs sont jeunes, riches, et ont tout ce qu’il faut pour plaire. Ils me sont indifférents.En espérant une réponse à ma lettre, je me dis avec le plus profond respect et la plus grande estime.Votre fille dévouée et obéissante.