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Mercredi, 8 décembre 1875
J’ai dormi jusqu’a deux heures, a peine ai-je le temps de dejeuner avant la Promenade. Il fait tres froid, je suis obligee de porter ma fourrure qui d’ailleurs avec ma grande robe blanche garnie de haut en bas de galons poses en travers me donne l’air d’une princesse de l’ancienne Pologne, ou d’une femme de boyard de la vieille Russie.
Rien n’est beau que le blanc.
Le blanc seul est aimable.
Il doit régner partout.
Et même sur la table.
Qu’est-ce que je disais ! Mlle Bueno est arrivée. Pauvre Emile, quand il reviendra il ne saura de quel côté courir.
Voilà que maman dans l’absence de ce garnement veut voir le pendant de mon voyage à Paris.
— Vous croyez qu’il s’occupe de moi, dis-je, détrompez-vous de grâce, il me crache dessus.
— Qu’il s’occupe de vous, ou qu’il ne s’occupe pas, me répond-on, mais les faits sont là, c’est peut-être une coïncidence, mais c’est bien drôle.
dans la marge
Se figurer que l’univers venait à Nice pour Audiffret ! C’est trop fort.
Ce n’est pas moi seule qui crois que cet homme doit être à moi. Ceci me console.
Je n’ai pas vu mon bel inconnu, je l’ai cherché partout et en vain.
Ce soir j’ai lu de bons livres, il y a si longtemps que je ne lis plus rien. C’est très mal et j’en souffre beaucoup.
On ne saurait s’imaginer mon impatience d’aller à Rome et de me remettre au travail. Etudier, étudier, étudier ! Voilà mon désir !
Je deviens toute joyeuse à la vue de mes chers livres, de mes classiques adorés, de mon gentil Plutarque. J’emporterai avec moi plusieurs livres que je lirai à Rome, car je ne suppose pas que nous verrons beaucoup de monde, nous ne connaissons personne à Rome. Ohimè !