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Lundi 28 juin 1875
Je vais au bain et j’y vois Saëtone, mon oncle Saëtone. Bihovetz cause avec ma tante:Avez-vous vu Audiffret avant son départ ? me demande mon oncle.
Non Monsieur.
Comment ! s’écrie-t-il comme si je disais une chose incroyable.
Il est venu mais nous étions sorties, de sorte qu’il a laissé ses cartes seulement.
Ah ! fit mon oncle, comme pour dire, ah ! la bonne heure, ceci est croyable, puis:
D’ailleurs il sera ici après-demain, j’ai reçu une lettre de lui aujourd’hui, il me dit que demain ou après-demain il sera ici.
A ce moment ma tante se mêle à la conversation.
A la maison elle raconte que Saëtone m’a dit cela à demi-voix, que l’autre a écrit cette lettre pour que mon oncle Saëtone me le dise etc.
Alors l’homme revient dans deux jours, et moi qui le croyait arrivé ce matin, ses volets étaient ouverts. J’étais même à cause de cela, impatiente de sortir et j’ai manqué la traduction d’un chapitre de César et l’étude d’une tarentelle de Chopin.
Le soir on se rassemble chez nous. Bihovetz, Saëtone et Galula, Galula avec mon sou en breloque.
On danse Sir Roger de Coverley, on joue à beaucoup de jeux innocents et on rit comme des bienheureux.
Ces faquins restent jusqu’à deux heures du matin et seraient demeurés plus longtemps si Marie et Olga n’eussent donné le signal, et encore ils n’avaient pas l’air d’avoir envie de se retirer.
Maman était chez elle malade et au lit.