Lundi, 8 février 1875

Je ne pensais pas aller au Cours, mais Paul vient à deux heures et demie avec Marie et nous y allons. Même bataille que hier, dans deux heures nous rentrons.
J’ai remarqué une chose singulière, c’est que plus il y a de bruit, plus on rit, plus on s’amuse autour de moi, plus je suis sérieuse et enfermée dans moi-même.
J’ai peine à m’habituer à entendre Stiopa et Julie, parler, raisonner tout à fait sagement avec cette naïve gravité particulière aux enfants, Stiopa que j’ai laissé âgé de deux ans à peine et sa sœur aux bras de la nourrice.
Nadinka et les enfants étaient avec nous; Paul est amusant assez et possède l’esprit des opéras-bouffes et des acteurs (misère et malheur !), il disait des bêtises à tout le monde masqué qu’il était. Bonjour, cria-t-il à un enfant de sept ou huit ans, papa Hamilton va bien ? et accompagnant ces mots d’un geste de gommeux il se tourna vers moi:
— Tu sais, c’est le fils.
— Comment, fis-je, fixant les yeux sur l’enfant, est-il possible que ses enfants à elle soient ici ? et après avoir dit cela, je tombai dans une espèce de torpeur regardant sans le voir le garçon jusqu’à ce que nous fûmes entrés dans la ruelle. Toute rêveuse je rentrai et me mis devant le miroir jusqu’à dîner.

Notes

En russe dans le manuscrit ; traduction française de l’éditeur. ↩
En russe dans le manuscrit ; traduction française de l’éditeur. ↩
En russe dans le manuscrit ; traduction française de l’éditeur. ↩