Samedi, 2 mai 1874

Les cyprèmlamentations [sic] continuent crescendo. Je sortis plus tôt que d’habitude (robe claire et chapeau, pas mal, peut-être bien) et à la Promenade, nous, moi et ma tante, rencontrâmes Wittgenstein en fiacre. Il leva la tête, ses joues étaient fort roses, mais je crois qu’il n’était pas en état d’intoxication.
Il a aussi cette manière de baisser la tête et de se regarder les doigts jusqu’ de même en fiacre, aussi avoir il a l’air assis sur le coin, comme pour un instant.
Ce soir je vais voir « Le songe d’une nuit d’été », nous avons la loge de Gioia, je vais comme je suis. La salle insignifiante, la pièce ennuyeuse et dénuée d’intérêt et d’intrigue. Le ténor, Shakespeare était le duc de Mouchy en personne. Une ressemblance pareille est vraiment ridicule. La dernière fois, il avait la figure du tailleur.
Maman est toujours mal, je voudrais qu’elle fût bien, et pour elle, et pour moi, et pour Paris.

Notes

Le Songe d’une nuit d’été : opéra-comique d’Ambroise Thomas (1850), et non la pièce de Shakespeare ; Shakespeare lui-même y figure parmi les personnages, un rôle de ténor, d’où « le ténor, Shakespeare ». ↩
En russe dans le manuscrit ; traduction française de l’éditeur. ↩