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Vendredi 8 août 1873
(Robe noire, pas mal). Nous allâmes d’abord en ville, chez Klein. On acheta plusieurs petites choses; moi, une glace en cuir de Russie, puis chercher une robe pour maman, mais ayant fait le tour de tous les magasins convenables de Vienne, nous n’avons rien trouvé de joli. Nous prîmes une voiture pour aller trouver Preiss mais à moitié chemin la roue se casse, nous prenons une autre. Preiss est sorti (nous avons trouvé sa carte ce soir).
Alors, à l’Exposition. (Hier j’ai écrit à maman une lettre furieuse, sur l’été à Nice et sur l’été de Vienne : il n’y a personne, c’est trop tôt, etc. J’ai prié absolument de commander à Howard J.P. une selle). Nous avons déjeuné à la maison. Au restaurant est venue la comtesse Batiano, l’amie de Mme Pristileff qui rit, elle m’a reconnue. A Vienne, c’est la mode de crier aux courses, toute cette fleur de la société criait comme des faisans. Je suis très fatiguée, je suis pâle. Je me couche trop tard, rarement avant minuit.
Dîner chez Provençaux, très bon. Près de nous, trois messieurs, le président, un gros Anglais, blond, rouge, des petits yeux qui me font rire, mais pas laid. Pendant notre dîner, ils ne faisaient que boire du champagne; j’aime à observer les faces, celle de l’Anglais est très originale. Je l’ai vu se griser par degrés et enfin devenir tout rouge, les yeux, les yeux presque invisibles, et les cheveux un peu en désordre. Comme j’aime une telle figure grise ! Elle me fait rire, non, mais elle me rend gaie. Nous prîmes une voiture, un tour au Prater. En allant au cirque d’Oscar Carré, nous avons rencontré l’Empereur et l’impératrice; notre cocher était tellement ravi de les voir, il s’est tourné vers nous, avec sa grosse figure toute radieuse.
Le cirque est beau, on fait des tours très jolis, mais j’étais dans un brouillard, jusqu’au la grande course d’obstacles. Vingt chevaux, hommes et femmes. Une véritable chasse anglaise. Ils ont sauté magnifiquement. Puis ils ont monté une espèce de montagne (sur la scène) au galop, d’une manière superbe. J’étais réveillée, excitée, charmée, émerveillée. Je veux apprendre à sauter les barrières et les fossés.
C’était charmant, délicieux, superbe, beau, tout ce que j’aime.
dans la marge
J’ai rêvé que j’épouse Hamilton très désagréablement. Puis que papa est mort.