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Lundi 28 juillet 1873
Chez le banquier, car le départ a été remis, faute d’argent. Demain à onze heures nous en aurons. Aux bains Macarani. Toute la journée je prie ma tante d’emballer ses affaires, mais comme pour me taquiner elle ne veut pas. Le soir à la promenade avec la princesse, maman, etc., chez Anitchkoff. Après la promenade, je suis allée chez Anitchkoff, tout le monde était assis au jardin, on jouait, on buvait. C’est l’anniversaire de mariage du maître de leur maison, la trente-huitième année de leur mariage ! Comme ils sont heureux ! Les jeunes époux ont dansé, oh, qu’ils sont drôles !
On reparla de Vienne, j’ai dit comme je veux aller. Mme Anitchkoff a aussi grande envie d’y aller, mais son vieux mari, ses enfants, oh quel paquet !
J’ai fini par pleurer. Jamais je n’ai rien obtenu sans pleurs etc. On prend plaisir à me martyriser. On ne dit jamais ni oui, ni non, mais on traîne, on agace !!!
Tout cela me coûtera trois années de la vie, pour sûr !
Les Tolstoy ont osé dire que je leur faisais des misères. Moi ? !!! Oh, la vérité ! Où es-tu ? Moi qui, depuis leur infâme conduite n’allait même pas au jardin pour les éviter. Et ils ont osé cela !!!!!!
Le marron me va à ravir, je voudrais une toilette marron pour l’hiver.
La princesse Galitzine m’aime beaucoup, elle m’appelle cher brigand. Oh ! que je suis heureuse quand on m’aime.
Ma tante est devenue très tendre.