Mardi 22 juillet 1873

J’ai posé, le portrait est une jolie tête mais ça n’est pas moi. Je suis désolée, je comptais avoir quelque chose de joli. Ce matin j’ai encore lu ce livre. Maman ouvrit la porte. Je croyais qu’elle entrerait et je serais surprise, mais non, elle me demanda l’heure. Pour ne pas être attrapée, je mets le livre dans le tiroir et je lis pour pouvoir à chaque minute feindre de chercher quelque chose. Malgré ces précautions, j’avais très peur et j’étais rouge, et inquiète.
Quel dommage de n’avoir que le deuxième volume des « Courtisanes du monde ». Il y a quatre divisions, chacune en quatre volumes: « Les courtisanes », « Les grandes dames », « Les Parisiennes ». Les femmes déchues
C’est un peu nu, mais très bien écrit. L’après-midi je l’ai fini. La curiosité est éveillée en moi, dans ce volume on parle des événements précédents, et je ne les ai pas lus.
Le soir, moi et la princesse allâmes faire un tour à la promenade, en attendant Dina, nous avons parlé de Bade, de la société de Mme Paskevitch, Carlos Hamilton et la vieille fille. Là, j’étais au large, je pouvais m’adonner à mon plaisir le plus grand: parler de lui. Elle m’a demandé si lord Hamilton est beau, grand, brun et pur manche à balai, mais bien.
-- Est-ce qu’il ressemble au duc ?
-- Non ? c’est bien car celui-ci a une figure ignoble. La folle !
-- Comment, au contraire celui qui est ici est mieux.
-- Le rouge, qui a la figure rougeâtre ?
-- Mais oui.
-- Celui de Gioia ?
-- Mais oui, il est bien plus beau.
Elle aime les maigres et les bruns, je pardonne.
dans la marge
Maman, ma tante, Walitsky et Paul à Monaco.