Samedi 5 juillet 1873

A onze heures est venue une jeune Anglaise avec sa mère, pour moi. Elle est assez gentille mais molle. Elle ne secoue pas la main mais la donne seulement, cela ne dénote pas un caractère franc. Elle viendra me donner trois leçons de deux heures par semaine, six heures par semaine.
Aujourd’hui, le jour de naissance de Nathalie Patton et à cinq heures nous allâmes chez eux (robe grise) mais ils étaient sortis. Après dîner, une petite promenade en voiture et chez Rumpelmayer. Maman etc. à la gare et nous avons fait encore plusieurs tours.
J’ai dit que nous faisons un bal le jour de ma naissance 12 janvier, j’aurai quinze ans. Nous nous interrompons* l’un l’autre. Tous voulaient parler à la fois, chacun voulait exposer son plan. A la maison nous avons parcouru toutes les chambres, tout est déjà distribué, rangé, décidé par nous. Il sera splendide, ce bal.
A déjeuner, je ne sais plus à propos de quoi, du Tir, je crois, on parlait de comment on appelle les personnes. Alors ma tante dit :
- Et pourquoi donc on dit « Sa Grâce le duc de Hamilton » ? On ne dit pas Ferreire comte parce qu’il ne l’est pas, tandis que les geans [sic] titrés sont appelés par leur titre.
En entendant son nom je ne rougis pas, mais la respiration m’a manqué, je voulais verser de l’eau et mes mains tremblaient. J’aime mieux ça que rougir ! Elle a répété deux fois ce nom fatal. Elle aime Hamilton, toute la maison l’aime. Maman l’aime beaucoup. Et ma tante en parle volontiers.