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Saturday, 4 November 1882
Samedi 4 novembre 1882
Truly Paul and his wife do not live in peace. I am quite astonished by this discord — every evening Maman and I try to bring them into agreement, trying every tone: severity, mockery, gentleness. Nothing works. They reproach each other constantly on the most extraordinary grounds, over futile and stupid things — endless quarrels.
Vraiment Paul et sa femme ne vivent pas en paix. Je suis tout étonnée de ce désaccord, tous les soirs maman et moi nous tâchons de les mettre d’accord sur tous les tons, sévérité, raillerie, douceur. Va te promener. Ils se font à chaque instant les reproches les plus extraordinaires et sur des choses futiles et bêtes, ce sont des querelles sans fin.
And this is a love match!
Et c’est un mariage d’amour !
I cannot understand what they could have wanted — they have everything, and I do not know what more is needed. Now it is the question of departure. Paul says he would like to leave with her — but he has no money at present (Maman gave him an estate from which he could derive twenty thousand francs a year, but it is not the season for selling the produce), and over this there are endless scenes. Madame says she cannot leave her children and taking them is impossible; Monsieur cries that she would have left them if there had been money. Paul knows well that we cannot cover all the expenses — but it vexes him. His wife’s nagging wears him out; he hopes to recover the honeymoon bliss by leaving with her.
Je ne puis comprendre ce qu’ils auraient voulu, ils ont tout et je ne sais ce qu’il faudrait encore. A présent c’est la question du départ. Paul dit qu’il voudrait partir avec elle, mais il n’a pas d’argent pour le moment, (maman lui a donné une terre avec laquelle il peut se faire vingt mille francs de rente mais ce n’est pas le moment de la vente des produits) et là-dessus des histoires sans fin. Madame dit qu’elle ne peut quitter ses enfants et les emmener c’est impossible, monsieur crie qu’elle les aurait quittés s’il y avait de l’argent. Paul sait bien que nous ne pouvons pas faire tous les frais mais ça l’ennuie. Les tracasseries de sa femme l’assomment, il espère retrouver les félicités premières en partant avec elle.
But he is wrong, for I certainly saw her last year, the wife, weeping and moaning when away from the first baby. What would it be like now.
Mais il se trompe car je l’ai bien vue, elle la femme l’année dernière, pleurer et gémir loin du premier bébé. Que serait-ce à présent.
Ah, what uninteresting creatures these are! They know neither how to love each other, nor how to love their children, nor how to live in peace. The only thing they ever understood was the desire they felt to get married. As for the rest! If at least the causes of their quarrels were the familiar ones — flirtations, extravagance, frivolity, infidelity, jealousy. But no. They are stupid, they are dirty, they are tiresome, and they quarrel incessantly.
Ah ! que ces êtres là sont donc peu intéressants ! Ils ne savent ni s’aimer, ni aimer leurs enfants, vivre en paix. Ils n’ont su et bien compris que l’envie qu’ils ont éprouvé de se marier. Quant au reste ! Si encore c’était des sujets de tracasseries connus, tels que: coquetteries, dépenses, frivolités, infidélités, jalousies. Mais non. Ils sont bêtes, ils sont sâles, ils sont embêtants et ils se querellent tout le temps.
And I — incomparable artist and ineffable Parisienne — I am acquiring a taste for gossip; I go into raptures, between Papa and Maman, over the monstrosities of this vile household.
Et moi incomparable artiste et inéffable parisienne je prends goût aux potins, je vais m’extasier entre papa et maman sur les monstruosités de cet ignoble ménage.
We must wait until Tuesday to leave. and Papa is not ready — he must be waited for, as he is truly too ill to travel alone. For my part every additional day is driving me mad with impatience. This journey was perhaps foolish — but I wanted it; and now the four weeks are past and I refuse to lose a single day more. The thought of the coming Salon burns inside me.
Il faudra attendre jusqu’à mardi pour partir. et Papa n’est pas prêt il faut l’attendre car il est vraiment trop malade pour voyager seul. Moi chaque jour en plus m’affole d’impatience. C’était fou si vous voulez ce voyage, mais enfin je l’ai voulu, mais voilà les quatre semaines passées et je ne veux pas perdre une journée en plus. L’idée du prochain Salon me cuit.
And when I think that I have always counted on that great flash of light cast over my name — that aureole that was to, that must... In short, a thousand serpents bite at my heart. I cannot even find my usual phrases — I am too anxious, too irritated to tell you about it. Only God really ought to help me a little...
Et quand je pense que je comptais toujours sur ce grand éclat jeté sur mon nom, cette auréole qui devait, qui doit... Enfin mille serpents me mordent au cœur. Je ne trouve même pas de phrases comme d’habitude, je suis trop anxieuse, et trop irritée pour vous raconter cela. Seulement Dieu devrait bien m’aider un peu...
I do not know how to will anything! I only know how to desire. Ah — when shall I have talent? A painter’s name sends me into turmoil; engravings of famous pictures give me palpitations; and the name of Albert Wolff1 makes me start. It is ridiculous but very sad.
Je ne sais pas vouloir ! Je ne sais que désirer. Ah ! quand donc aurai-je du talent ? Un nom de peintre me bouleverse, les gravures de tableaux fameux me donnent des palpitations et le nom d’Albert Wolff des saisissements. C’est ridicule mais fort triste.
There is a poor man here who carves in wood and produces truly extraordinary things, considering he has never seen or studied anything. In France he would have been helped; here he is lost. I questioned him, and he looks so sad that it hurts. I would willingly have taken him under my wing — but he is thirty-two years old and has children... It is too late.
Il y a ici un pauvre homme qui sculpte en bois et qui fait des choses vraiment extraordinaires quand on pense qu’il n’a jamais rien ni vu ni appris. En France on l’aurait aidé, ici il est perdu, je l’ai questionné et il a l’air si triste que cela fait mal. Je me serais bien chargée de lui mais il a trente-deux ans et des enfants... C’est trop tard.
Notes
Albert Wolff (1835–1891): the powerful art critic of Le Figaro. ↩