Tuesday, 20 July 1880
Mardi 20 juillet 1880
Chez Julian, avec Villevieille pour chercher mes clefs oubliees hier. Cet homme m'encourage beaucoup, je pars avec une bonne impression. Ce qui est un soulagement, c'est que Breslau ne me fait plus peur.
- Ce qu'il y a chez elle (moi), dit Julian, c'est que ce n'est pas de la peinture, c'est l'objet meme, et lorsqu'elle n'y arrive pas, on voit tout de meme que l'effort tendait a cela.
Apres nous allons revoir le prix de Rome... A quatre heures, elle vient me dire encore adieu et enfin nous partons. Arrivees lundi a six heures du matin a Clermont; je telegraphie a Amelie :
M'empresse vous rassurer ma sante bonne. Embrassez tout le monde, surtout Rochefort. Vive l'amnistie! Russ.
Et cinq minutes apres cette autre, a la meme:
Population Clermont tranquille, rassurez Palais Bourbon. Impossible trouver voiture. Aucune manifestation. Russ.
A trois heures, nous arrivons au Mont-Dore, il y a six heures de voiture de Clermont a cet affreux Mont-Dore, mais j'aime mieux cela que le chemin de fer. Je telegraphie de nouveau a Amelie:
Arrivee Mont-Dore, craignais manifestation mais tout est calme, a peine quelques cris Vive la Republique. Auvergnats prennent parfaitement amnistie. Rassurez Leon et Trompette. Amities a Jules. Russ.
Nous sommes mal logees, tout est plein. Cuisine atroce. Ce n'est qu'aujourd'hui mardi que je m'y fais un peu, surtout parce que j'ai decouvert des choses interessantes pour la peinture.
Madame Moreau (de chez la Mouzay) est ici avec sa fille qui me servira de modele; je l'ai demandee avant d'avoir decouvert les choses pittoresques. J'espere avoir temps pour tout, je puis rester cinq ou six jours de plus.
Mais je n'ai apporte que des robes de laine, on me l'avait recommande, et il fait une chaleur !