Thursday, 18 July 1878
Madame de Hohenlohe est partie, il ne reste que les deux jeunes gens qui ont dîné à côté de moi à la table d'hôte aujourd'hui. Ils occupent le rez-de-chaussée du pavillon droit et nous le premier. Leur balcon est au-dessous du nôtre. Je chante et ils jouent du piano. D'après les racontars des domestiques, ils me trouvent jolie et bien faite. On me jette toujours mon derrière à la tête !
En Allemagne on en voit beaucoup de larges et plats, je n'en ai jamais vu d'aussi proéminant que le mien qui est une perfection... du genre.
A table, j'ai parlé avec le Dr. Tomachewsky de choses de science et puis Mme Antonsky et les autres ont parlé de professeurs, de Madame Abaza qui chante, et on a demandé le prix des leçons et on a dit que mon professeur d'anatomie recevait tant et un autre tant, etc. Il n'y a rien que je ne fasse et cela doit faire un effet ahurissant sur des hommes qui ne s'y attendent pas. A force d'être une femme universelle je deviendrai épouvantable... à moins de paraître divine...
Multedo écrit à maman... Cette phrase est incomparable, jugez-en: "J'ai été assisté par *deux hommes politiques* qui ont très bien mené l'affaire". N'est-ce pas pyramidal ce beau jeune homme assisté de ces deux hommes politiques qui ont si bien mené l'affaire ! Je regrette que ce pauvre garçon écrive des choses si grotesques.
Je me suis fait un bonnet de velours grenat comme le noir que j'avais à Paris... il y a des moments, des jours où ce bonnet, un chapeau, un voile, des cheveux ondulés et s'en allant en boucles en désordre... j'arrive ainsi quelquefois à pouvoir me qualifier de *ravissante* mais pour le croire il faut vivre avec moi et m'observer de près.