Wednesday, 17 July 1878
Je peignais, le gros Afrossimoff arrive et nous nous mettons à faire de la musique. Généralement on n'a jamais insisté sur le charme dans ce que je fais, il faut en excepter ma voix pourtant qui attendrit visiblement tout ceux qui l'entendent même malade, même éteinte, même lorsque je ne chante pas mais dis.
Voici une lettre de Multedo, et voici ma réponse, vous ne serez pas étonnés que je réponde quand vous aurez lu. ^5^ Mont de Marsan (Landes) 5 juillet 1878 Mademoiselle, En vous écrivant, j'use du droit que vous avez bien voulu m'accorder et je cède au besoin irrésistible de me rappeler à votre souvenir. Récemment vous m'avez fait le reproche de n'avoir jamais eu de duels? Le hasard a failli combler cette lacune : un journaliste de province s'étant permis d'attaquer ma famille dans une feuille de chou, je suis venu lui en demander raison.
*Où trouverai-je un intrépide qui ne reculera pas après m'avoir offensé ?* Est-ce ma faute si je n'ai jamais affaire qu'à des gens prudents ? A propos de rencontre votre guitare est-elle guérie de celle qu'elle a eue avec moi ? Je vous l'ai expédiée avant de partir. J'espère que vous m'annoncerez que vous l'avez reçue, au moins dans les termes qu'on emploie à l'égard d'un luthier qui vous expédie un instrument et auquel on en accuse réception. Je mets mes hommages à vos pieds et à ceux de Madame votre tante. A. MULTEDO