Diary of Marie Bashkirtseff

Russian New Year. Blanc through the night and the whole day.

Le nouvel an russe. Blanc la nuit et toute la journée.

Fresh dispatches from Nice.

Des nouvelles dépêches de Nice.

The body will not leave for Nice until tomorrow.

Le corps ne partira pour Nice que demain.

It seems unbelievable... we speak of him as though he were alive — and for us he will never die...

Cela semble incroyable... nous en parlons comme s'il était vivant et pour nous il ne mourra jamais...

Life is so short, so short! It is not worth doing for a single moment things that give no pleasure.

La vie est si courte, si courte ! Que cela ne vaut pas la peine de faire un seul instant des choses qui ne font pas plaisir.

I see myself at the Versailles station with the stationmaster, Cassagnac, and Paul — it was amusing...

Je me vois à la gare de Versailles avec le chef de gare, Cassagnac et Paul, c'était amusant...

On returning we find a bouquet from the Prince de Bourbon, the two cakes from Marcuard, a card from Caracciolo who has just arrived from Naples — the card.

En rentrant nous trouvons un bouquet du prince de Bourbon, les deux gâteaux de Marcuard, une carte de Caracciolo qui vient de Naples, la carte.

Tomorrow is Russian New Year's Day.

C'est demain le jour de l'an russe.

A heap of dispatches — from Bihovetz, from the consul, from Lefèbvre, and so on — those to whom the death of that poor young man had been announced; I wept over them all morning.

Un tas de dépêches, de Bihovetz, du consul, de Lefèbvre, etc. etc. auxquels on avait annoncé la mort de ce pauvre garçon que j'ai pleuré toute la matinée.

We were naturally obliged to turn away Mme de Fayet, the Bourbon, the Comte de Beaurepaire, the Baron d'Alt — all of whom presented themselves between nine and ten o'clock.

On a été obligé naturellement de mettre à la porte, Mme de Fayet, le Bourbon, le comte de Beaurepaire, le baron d'Alt, qui se sont présentés de neuf à dix heures.

The Boyds, informed by Paul, wrote an excellent letter on the death of that poor man who cost no one anything, inconvenienced no one, and did good to everyone.

Les Boyd prévenus par Paul ont écrit une excellente lettre sur la mort de ce pauve homme qui ne coûtait rien à personne, ne gênait personne et faisait du bien à tout le monde.

Madame Doubelt and the elder Baronne de Linsingen were received; we wept together.

Madame Doubelt et la baronne de Linsingen mère ont été reçues., on a pleuré ensemble.

But it is Grand-papa who wept — he who suffers so greatly himself. Just think: he has retained his entire intelligence intact, his sight as well, but he can neither speak nor write, so that one must run through fifty names before guessing, and he cries out and moans at being unable to make himself understood. He can say only yes and no. What is touching is that instead of becoming difficult he has become angelic — so that I often go to him to recount what is happening and to wait upon him.

Mais c'est grand-papa qui a pleuré ! Lui qui souffre tant lui-même. Songez donc, il a conservé toute son intelligence intacte, ainsi que la vue, mais il ne peut ni parler ni écrire de sorte qu'il faut dire cinquante noms avant de deviner et il crie et il gémit de de ne pouvoir se faire comprendre. Il ne peut dire que oui et non. Ce qui est touchant c'est qu'au lieu de devenir méchant il est devenu angélique de sorte que je vais souvent chez lui raconter ce qui se passe et le servir.

Walitsky is dead. It is an irreparable loss — one will never accustom oneself to the idea that such a character can exist in real life. Devoted as a dog to our entire family — and platonically, oh, my God, yes — ten times over rather than once.

Walitsky est mort. C'est une perte irréparable, on ne se fera jamais à l'idée qu'il puisse exister dans la vie réelle un pareil caractère. Attaché comme un chien à toute notre famille, et platoniquement, oh ! mon Dieu oui, plutôt dix fois qu'une.

One sees such people in books.

On voit des gens comme ça dans les livres.

Well then — may he hear my thoughts; I hope that God grants him the grace to feel what one thinks and says of him. May he hear me then, from wherever he now is — and if ever he had cause to complain of me, he will forgive me for my deep esteem, my sincere friendship, and my grief from the very depths of my soul.

Eh bien qu'il entende ma pensée, j'espère que Dieu lui fait la grâce de sentir ce qu'on pense et dit de lui. Qu'il m'entende donc de l'endroit où il se trouve et si jamais il a eu à se plaindre de moi, il me pardonnera pour ma profonde estime, mon amitié sincère et mes regrets du fond de l'âme.