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Tuesday, 21 November 1876
Yesterday’s delicious melodies have gone to my head and taken a certain form there... I am thinking... Oh no, not of that filthy Antonelli, but of someone who took my first kisses and who by that very fact is inevitably linked to all my thoughts... until a new... someone...Mardi 21 novembre 1876Les délicieuses mélodies d’hier me sont montées au cerveau et y ont pris une certaine forme... Je songe... O non, pas à Antonelli le sale, mais à une créature qui m’a pris mes premiers baisers et qui par ce fait est infailliblement liée à toutes mes pensées... jusqu’à un nouveau... quelqu’un...
You know what Walitsky told Maman. Antonelli made him his confidant — well... you know... he spent every night with prostitutes! Straight from my house!!!
Vous savez ce que Walitsky a raconté à maman. Antonelli lui faisait ses confidences, eh bien... vous savez... il passait toutes ses nuites avec des filles ! En sortant de chez moi !!!
While fitting me, Caroline talked of the handsome Capoul, who is not handsome. I went on to Reboux’s, where I went on being amusing, as at Caroline’s... and at last came home dead tired... and out of sheer despair and misery I laughed about Capoul and lay down on Maman’s bed to chatter and declare that I was furious at not being a society lady.
Tout en m’essayant Caroline parla du beau Capoul qui n’est pas beau. J’ai passé chez Reboux où j’ai continué à amuser comme chez Caroline... et enfin je suis rentrée ne me sentant plus de fatigue...et à force d’être désespérée et malheureuse., j’ai ri de Capoul et je me mis sur le lit de maman pour en bavarder et déclarer que je rageais de n’être pas une dame du monde.
— For I want Capoul... Oh, in my drawing room only.
— Car je veux Capoul... Oh ! dans mon salon seulement.
Rice came to see me.
Rice est venue me voir
crossed out[words crossed out]
[Mots cancellés]
I took one of my father’s visiting cards and, having written these few words across it, sent it to Cassagnac.1
J’ai pris une carte de visite de mon père et ayant écrit ces quelques mots en travers, je l’envoyai à Cassagnac.
— “I have just come back from Russia and should like the pleasure of introducing you to my mother.”
— « Je reviens de Russie et je voudrais avoir le plaisir de vous présenter à ma mère ».
Signed: Marie Bashkirtseff
signé : Marie Bashkirtseff
But — away with all of that! I want, I want — do you hear me — I want to love someone. I want at last to know what this Love is that makes the whole human race do and not do so many things.
Mais, fi de tout cela ! Je veux, je veux entendez-vous, je veux aimer quelqu’un. Je veux enfin savoir ce que c’est que cet Amour qui fait faire et ne pas faire tant de choses au genre humain.
Do you want verses? Here then:
Voulez-vous des vers ? tenez :
I have never loved — I burn with desire To be quickly informed Of what love means. I want to know at last What this great mystery is That makes the human race Do so much and leave so much undone.
Je n’ai jamais aimé Je brûle du désir D’être bien vite informée De ce qu’amour veut dire Je veux savoir enfin Quel est ce grand mystère Qui fait au genre humain Tant faire ou ne point faire.
Well, frankly — not because they are mine... I am always fair — but frankly, these are very... bad verses.
Eh bien franchement, cela n’est pas parce que c’est moi... je suis toujours juste mais franchement voilà des vers bien... mauvais.
But truly, I am not laughing when I say I want to love... and it seems to me that I shall love soon... at least
Mais vraiment je ne ris pas quand je dis que je veux aimer... et il me semble que j’aimerai bientôt... du moins
To what purpose? No matter! I dislike always hearing love talked and sung about without understanding any more of it than if they were talking or singing in Dutch! The other day I boasted to Pacha that I could speak on any subject — I even challenged him to find a topic on which I had no knowledge; he could not find one... and Love? I can reel off the crudest sophistries, but I haven’t the faintest idea.
Pour quoi faire ? N’importe ! Il me déplaît d’entendre toujours parler et chanter l’amour et ne pas y comprendre plus que si on parlait ou chantait hollandais ! Je me suis vantée l’autre jour à Pacha de pouvoir parler de tout, je l’ai même défié de trouver un sujet sur lequel je n’eusse aucune connaissance, il n’a pas trouvé... et l’Amour ? Je débite les plus grossiers sophismes mais je n’en ai pas la moindre idée
And my girl — you are like Offenbach’s La Belle Hélène, who sings: “Divine love, ardent flame!” With the refrain: “We must have love, / Though none were left in the world!”2
Et ma fille - vous êtes comme « La Belle Hélène » d’Offen-bach qui chante : « Amour divin, ardente flamme ! » Avec le refrain : « Il nous faut de l’amour N’en fût-il plus au monde ! »
But it is not that love — which the Ancients demanded of Venus (Offenbach’s Venus) — that I am asking for.
Mais ce n’est pas de cet amour que demandaient les Anciens à Vénus, (d’Offenbach) que je demande, moi.
I am asking for... the sacred fire... to light my cigarette? Fie! I no longer smoke.
Je demande., du feu sacré... pour allumer ma cigarette ? Fi ! je ne fume plus.
Notes
Paul de Cassagnac (1842–1904) — Bonapartist journalist, deputy from Gers, editor of Le Pays. Famous duellist and political polemicist. Sending a card uninvited was highly unconventional for a young woman. ↩
From Offenbach’s La Belle Hélène (1864). The aria “Amour divin, ardente flamme!” with its refrain affirming love’s necessity regardless. ↩