Diary of Marie Bashkirtseff

# Dimanche, 17 septembre 1876 (5 septembre) - Gift Exchange and Hunting Expedition

— By all the rules I ought to give you a gift, but I am not a man for bouquets — I am opening a credit of a thousand roubles, three thousand three hundred francs; you shall buy whatever you like.

— Je devrais selon toutes les règles te faire un cadeau, mais je ne suis pas un homme à bouquets, je t'ouvre un crédit de mille roubles, trois mille trois cents francs, tu achèteras ce que tu voudras.

— A gift, Papa? I am perfectly willing. Give it — and thank you; but I owe you fifty-five roubles. Please accept them.

— Un cadeau, mon père ? Je veux bien. Donnez et merci; mais je vous dois cinquante cinq roubles, veuillez les recevoir.

And I paid him this gambling debt.

Et je lui payai cette dette de jeu.

Alexandre advises me to ask for money. I cannot — my policy forbids it. My prestige would be lost; I would no longer be myself. But accepting a gift is entirely natural, and to refuse would be impolite.

Alexandre me conseille de demander de l'argent. Je ne le puis pas, ma politique le défend. Mon prestige serait perdu, je ne serais plus moi. Mais accepter un cadeau, c'est tout naturel, et refuser serait impoli.

It is worth noting that since I came into the world I have never accepted a toy or money from my father. And accordingly he had for me a sort of respectful hatred.

Il est utile de remarquer que depuis que je suis au monde je n'ai jamais accepté ni un joujou ni de l'argent de mon père. Aussi avait-il pour moi une sorte de haine respectueuse.

I am not proud of today, as you see. Cassagnac is making a noise in the world. How fortunate these gentlemen are. The age of the Fronde1 was a paradise for women; this age is the paradise of men — each one shouts, each one makes a name for himself, each one makes a commotion, and people talk of him and occupy themselves with him.

Je ne suis pas fière d'aujourd'hui, vous le voyez. Cassagnac fait du tapage. Sont-ils heureux ces messieurs. L'époque de la fronde a été le paradis pour les femmes, cette époque-ci est le paradis des hommes, chacun crie, chacun se fait une célébrité, chacun fait du bruit et on en parle et on s'en occupe.

Poor me!

Pauvre moi !

While awaiting my future fame, I hunt in men's clothes, a game bag slung round my neck and a Funk2 in my hands. We set off, my father, Paul, the Prince, and I, at around two o'clock in a bench cart, and I shouted to the peasants we met that I was a woman — for I was very well disguised.

En attentant ma future célébrité je chasse en costume d'homme, une gibecière suspendue au cou, et un Funk dans les mains. Nous partîmes, mon père, Paul, le Prince et moi, vers deux heures en char à bancs, et je criais aux paysans que nous rencontrions que j'étais une femme, car j'étais hien déguisée.

But imagine those hips — Michel's trousers were half too narrow, so I had to take my father's, which were too long, but I tucked them into the boots; and as the outfit was in unbleached foulard, it suited me very well.

Màis imaginez quelles hanches, le pantalon de Michel fut de moitié trop étroit, et je dus prendre celui de mon père, qui se trouva trop long, mais je le fourrai dans les bottes, et comme le costume était en foulard écru, cela m'allait fort bien.

Now I find myself running dry when it comes to describing things, not knowing the names of... well, all those hunting things. The brambles, the reeds, [the grasses], the wood so dense one could barely pass through, branches grazing one from every side, and a deliciously pure air, no sun, and a light rain made to charm the hunter... who is too warm.

Maintenant, voilà, je me trouve à sec pour décrire, ne sachant ni les noms des... enfin toutes ces choses de chasse. Les ronces, les joncs, [Mots noircis: les herbes], le bois si épais qu'on y passait à peine, les branches qui vous rasaient de tous les côtés, et un air délicieusement pur, pas de soleil et une petite pluie faite pour charmer le chasseur... qui a chaud.

We walked and walked and walked; I went around a little lake, gun cocked and ready to fire, hoping at every moment to see a duck take flight. But nothing! I was already wondering whether I might not discharge my gun against the lizards that leapt over my feet, or against Michel who was walking behind me — whose eyes I could feel fixed on my person in masculine dress, and with the most culpable thoughts.

Nous avons marché, marché, marché; je fis le tour d'un petit lac, le fusil armé et prête à faire feu espérant à chaque instant [Mot noirci: voir] s'élever un canard. Mais rien ! Je me demandais déjà si je n'allais pas décharger mon fusil contre les lézards qui me sautaient par dessus les pieds ou contre Michel qui marchait derrière moi et dont je sentais les yeux fixés sur ma personne en costume masculin, et avec les plus coupables pensées.

I found the juste milieu — the golden mean that France itself cannot find — I shot stone dead a crow that, perched at the very top of an oak, suspected nothing, the more so since my father and Michel, lying on the grass in the middle of the clearing, were attracting its attention.

Je trouvai le juste milieu, ce juste milieu que la France ne peut trouver, j'ai tué roide un corbeau qui perché tout au haut d'un chêne ne se doutait de rien, d'autant plus que mon père et Michel couchés sur l'herbe au milieu de la clairière, attiraient son attention.

I pulled out the tail feathers and made myself an aigrette. The others had not fired a single shot — they merely walked, my father at the head in his underwear tucked into his stockings and wearing enormous shoes. His thinness was plain for all to see, and I took advantage of the moment when, entering a marsh, instead of lowering his voice, he began speaking French — the wild ducks not understanding.

J'arrachai les plumes de sa queue et je m'en fis une aigrette. Les autres n'ont même pas tiré une fois, ils ne faisaient que marcher et mon père à la tête, en caleçons fourrés dans ses chaussettes, et chaussé de souliers immenses. Sa maigreur était patente et je me mets à en rire saisissant l'occasion où entrant dans un marécage, au lieu de baisser la voix, il se met à parler français, [Mots noircis et rayés: pensant que ce changement d'idiome suffirait pour ne pas les effaroucher] les canards sauvages ne comprenant pas.

Paul shot a thrush — that was the sum total of the hunt.

Paul a tué une grive, ce fut toute la chasse.

A mother who believes her child dead — dead through her own fault — who is not certain of the death but dares not speak of it for fear of confirming it; this mother suddenly finds again the mourned child who caused such anguish, who gave rise to so much doubt and suffering... that mother must be happy. It seems to me that what she must feel is much the same as what I feel on recovering my voice after each bout of hoarseness.

Une mère qui croit son enfant mort et mort par sa faute, qui n'est pas certaine de sa mort mais qui n'en ose rien dire de crainte de s'en assurer; cette mère retrouve tout à coup cet enfant pleuré qui a causé tant d'angoisses, qui a tant fait douter et souffrir... cette mère-là doit être heureuse. Il me semble que ce qu'elle [Mot noirci: ressent] doit être à peu près la même chose que j'éprouve [Mot noirci: en] retrouvant ma voix après chaque enrouement.

After laughing heartily in the drawing room, I paused a moment on the stairs — and all at once I was able to sing!

Après avoir bien ri au salon, je m'arrêtai un instant [sur i'esca]lier et tout d'un coup j'ai pu chanter !

It is to Walitsky's remedy that I owe it.

C'est au remède de Walitsky, que je dois cela.

Notes

The Fronde (1648–53), the 17th-century French civil wars during which aristocratic women wielded significant political influence in the salons.
A Funk hunting rifle.