Diary of Marie Bashkirtseff

# Jeudi, 24 août 1876 (12 août) - Philosophical Conversation and River Crossing

Pacha is my true cousin, the son of my father's sister. This man intrigues me. This morning we talked; he held my embroidery frame while I worked. We spoke of fathers, and I said that sons always criticized their fathers' actions, and that once in their fathers' place they would do exactly the same, only to be criticized in turn by their own children.

Pacha est mon *vrai* cousin, le fils de la sœur de mon père. Cet homme m'intrigue. Ce matin nous avons causé, il me soutenait mon métier et je brodais. On parla de pères et je dis que les fils critiquaient toujours les actions des pères et une fois à leur place, faisaient comme eux pour être à leur tour critiqués par leurs enfants.

— That is perfectly true, said the young man, but my sons will never criticize me, because I shall never marry.

— C'est parfaitement vrai cela, dit le garçon, mais mes fils ne me critiqueront pas, car je ne me marierai jamais.

And after a moment I said:

Et au bout d'un instant je dis :

— There has yet to be a young man who has not said the very same thing.

— [Mots noircis: il n'y a pas] encore eu de jeunes gens qui n'aient pas dit la même chose.

— Yes, but with me it is different.

— Oui, mais moi ce n'est pas la même chose.

— And why?

— Et pourquoi ?

— Because I am twenty-two and have never yet been in love, and no woman has ever caught my eye.

— Parce que j'ai vingt-deux ans et je n'ai encore jamais été amoureux et aucune femme n'a attiré mes yeux.

— That is perfectly natural — one ought not to be in love until that age.

— C'est tout naturel, jusqu'à cet âge on ne doit pas être amoureux.

— What about all those young men who have been in love since fourteen?

— Comment et tous ces garçons qui aiment depuis quatorze ans ?

— They are freaks of nature; besides, none of those passions have anything to do with Love...

— Sont des monstruosités, d'ailleurs tous ces amours-là n'ont aucun rapport avec l'Amour...

— Perhaps, but I am not like everyone else. I am awkward, I am proud — by which I mean my self-esteem — and then...

— Peut-être, mais je ne suis pas comme tout le monde, je suis empoté, je suis orgueilleux, c'est-à-dire je parle de mon amour-propre, et puis...

— But all these things you are citing me are qualities.

— Mais tout cela ce sont des qualités que vous me citez..

— Good ones?

— Des bonnes ?

— Why yes.

— Mais oui.

Then, I know not on what pretext, he told me that if his mother were to die he would go mad.

Puis je ne sais à propos de quoi il me dit que si sa mère mourait il deviendrait fou.

— For a year, yes... and then...

— Oui... pour un an, et puis...

— Oh! No, I would go mad, I know it.

— Oh ! non, je deviendrais fou, je sais.

— For a year, for everything fades as one keeps seeing new faces.

— Pour un an, car tout s'efface à force de voir des figures nouvelles.

— Then you deny eternal sentiments and virtue?

— Alors vous niez les sentiments éternels et la vertu ?

— Absolutely.

— Positivement.

— It is strange, Mousse, he said to me — [word cancelled] — how quickly one grows close when one is not stiff.

— C'est étrange Mousse, me dit-il [Mot cancellé] comme on se lie vite quand on n'est pas guindé.

The evening before last I said Maria Constantinovna, yesterday Mademoiselle Mousse, and today...

Avant-hier soir je disais Maria Constantinovna, hier Mlle Mousse et aujourd'hui...

— Simply Mousse — and I commanded it.

— Mousse tout simplement et je vous l'ai ordonné.

— It seems to me that we have always been together, so simple and winning are your ways.

— Il me semble que nous avons toujours été ensemble, tellement vos manières sont simples et engageantes.

— Are they not?

— N'est-ce pas ?

I amused myself by talking to the peasants we met on the road and in the forest — and would you believe it, I speak Little Russian1 quite passably. The Vorsklo, the river that flows through my father's village, is so shallow in summer that one can cross it on foot, but in spring it is a proper river. I took a fancy to make my horse splash through the water, and lifting my riding habit quite clear, I rode in. It is a delicious sensation and a ravishing sight. The horse was in it up to his knees.

Je m'amusais à parler aux paysans que nous rencontrions sur la route et dans la forêt et L figurez-vous je parle petit-russien très passablement. Le Vorsklo, rivière qui passe [Mots noircis : dans le] village de mon père, est si peu profond en été qu'on le traverse à pied, mais au printemps c'est un fleuve. Il me prit la fantaisie de faire barboter mon cheval dans l'eau et relevant mon amazone tout à fait, j'entrai dans la rivière. C'est agréable à éprouver et ravissant à voir. Le cheval en avait jusqu'aux genoux.

— It is true, said my cousin, you have a remarkable figure — I have never yet seen one like it.

— C'est vrai, dit mon cousin, vous avez une taille remarquable, je n'ai ai encore jamais vu une pareille.

And Paul, with all a brother's naivety, exclaimed that I was really quite plump... considering that I wore neither pleated petticoats nor a bustle.2

Et Paul avec une naïveté de frère s'écria que j'étais très grasse.. [Mot noirci: comparativement] que je ne portais ni jupons à plis ni tournure.

Notes

The 19th-century term for Ukrainian.
The tournure (bustle) was a padded undergarment creating the fashionable rear silhouette of the 1870s.