Diary of Marie Bashkirtseff

# Mercredi, 24 mars 1875

Paul accompanies me to Laussel's; on the way back I run into Terffidua — he really is better in a carriage and in a top hat than on foot with a soft hat.

Paul m'accompagne chez Laussel, en retournant je rencontre Terffidua, il est vraiment mieux en voiture et en tube, qu'à pied et en chapeau bas.

This evening the Stabat Mater is being sung — lit to full brilliance (white dress, Worth,^[Worth: the house of Charles Frederick Worth, the most prestigious Paris couturier of the era.] false-hair coiffure, very good). Nadia and the children are with me.

Ce soir on chante le Stabat Mater, éclairage a giorno, (robe blanche, Worth, coiffure avec faux cheveux, très bien) Nadia et les enfants sont avec moi.

Tonight's performance is elegant and lively — the last glimmer of the season, and a brilliant glimmer at that compared to the season itself, which has been rather thin.

La représentation d'aujourd'hui est élégante et animée, c'est le dernier reflet de la saison, reflet bien brillant en comparaison de la saison elle-même qui a été assez mince.

Mademoiselle Denysson is beside me and we are the two prettiest girls in Nice. The Howards are a little further away, red as peonies — Hélène with her pinched face and no eyebrows, and Lise with her look of a frightened sheep.

Mlle Denysson est à côté de moi et nous sommes les deux plus jolies filles de Nice. Les Howard sont un peu plus loin, rouges comme des pivoines, Hélène avec sa face pincée sans sourcils et Lise avec son air de mouton effrayé.

Opposite us, Terffidua with another young man, equally fresh-looking but plainer. I am in an impossible humor — seated upright and silent, I had death in my soul.

Vis-à-vis Terffidua, avec un autre jeune homme aussi frais mais plus laid que lui. Je suis d'une humeur impossible, assise droite et muette, j'avais la mort dans l'âme.

With each day, each hour, my torment increases — because each day and each hour passes without bringing anything good, and I am growing older. Let no one mock me — I know perfectly well that I am not old and will not be for a long time yet, but time passes, flies, imperceptibly. Minutes make hours, hours make days, days make months, months make years. Was it long ago that I was eleven, when I left Russia? It seems like a week. Well, I shall find myself twenty just as quickly as I found myself sixteen. Four years — four days. But what days!

Avec chaque jour, chaque heure augmente mon tourment, c'est que chaque jour et chaque heure s'écoulent sans rien apporter de bon et que je vieillis. Qu'on n'aille pas se moquer, je sais bien que je ne suis et ne serai vieille longtemps encore, mais le temps passe, vole, insensiblement. Les minutes font les heures, les heures les jours, les jours les mois et les mois des années. Y a-t-il longtemps que j'avais onze ans, quand je quittai la Russie ? Il me semble une semaine. Eh bien je me trouverai avoir vingt ans aussi vite que je me suis trouvée en avoir seize. Quatre ans, quatre jours. Mais quels jours !

No one does anything for me — I have only God! My God, whom I deny in terrible moments that have nothing to do with me. What Maman and my aunt feel for me is not love — it is a selfish feeling that pleases themselves. They think of nothing and believe one can live as we live. (I cannot see — tears prevent me from seeing what I am writing.)

On ne fait rien pour moi, je n'ai que Dieu ! Mon Dieu, que je nie par moments affreux, moments, qui ne me regarde pas. Ce n'est pas de l'amour ce qu'ont pour moi ma mère et ma tante, c'est un sentiment égoïste qui leur fait plaisir. Ils ne pensent à rien et croient que l'on peut vivre comme nous vivons (je ne vois pas, les larmes m'empêchent de voir ce que j'écris).

I shall wear myself out with these sorrows, and they ask me why I am pale when I am pale — why I grow thin. Blind fools, selfish idiots!

Je m'userai par ces chagrins et elles me demandent pourquoi je suis pâle, quand je le suis, pourquoi je maigris ? Aveugles, folles, égoïstes, idiotes !

I rage, shut myself in the dressing room and there smoke and read Caesar^[Julius Caesar's Gallic Wars (De Bello Gallico): part of Marie's Latin studies with Brunet.] with ferocious concentration.

Je rage, m'enferme dans le cabinet de toilette et là fume et lis César avec acharnement.

I try every kind of imaginary tale to get to sleep, but nothing works — I cannot invent anything and fall asleep, utterly exhausted.

J'essaye de tous les contes pour m'endormir, mais rien ne se fait, je ne puis rien inventer et m'endors n'en pouvant plus.