Saturday, 23 August 1873
Je me reveille a peine, et on commence a venir: les gants, les bottines, etc. etc. Je vois de plus en plus que j'ai besoin d'au moins trois mille cinq cents francs.
Worth enverra contre remboursement, je ne puis faire autrement, car toutes mes commandes payees, il me reste trois francs dix centimes et un kreuzer autrichien. Il me semble que c'est net. Et ma tante n'a pas assez pour payer ma robe. Je l'envoie donc a Nice et maman paiera. Ca n'est pas bien, je recois deux mille cinq cents francs et je devrais m'arranger, mais quelquefois un fils fait des dettes et les renvoie a sa mere qui paie. Pourquoi donc moi, une fille, une creature plus faible et capricieuse, pourquoi ne pourrais-je pas faire une betise ?
Je me suis coiffee dix-neuf fois et ne puis reussir. Enfin nous descendons (robe verte, mal), j'ai coupe les cheveux trop court. Je vais chez Reboux, mais les chapeaux ne sont pas prets. Il fait chaud. Alors nous allons chez Mantel, recommande par Worth. Les chapeaux sont charmants. J'ai commande un bleu fonce, cent quinze francs. Maintenant je sais ou aller: pour robes Worth; chapeaux Mantel; bottines Ferry; gants Jouvin. Avant d'entrer au magasin, nous traversons la rue, un petit Francais nous salue et j'entends ma tante s'ecrier: Bikowsky. C'est alors que j'ai reconnu le petit, mais il est devenu laid avec sa barbe. Avant il avait l'air d'un garcon de vingt ans, et maintenant d'un homme de trente-cinq, et tellement petit. Il etait tout a fait content de nous rencontrer. Demain il dejeune chez nous et nous le prendrons avec nous aux courses.
Puis sur les boulevards, j'ai achete un porte-monnaie tres bien, et commode: vingt-deux francs chez Klein. Dans quelques magasins. Je vois la comtesse de Galve en coupe, toute en rose et gris, et les joues si unnaturally rose que......
J'ai encore achete un manteau de pluie noir, cent francs, et maintenant je n'ai positivement un sou. J'ai encore cinq cents francs mais il faut payer la robe trois cents et deux chapeaux deux cents. Diner au restaurant Ledoyen
Ce diner est detestable, de la nous primes une voiture et encore Reboux, pas pret.
A la maison on apporte mon chapeau, il est detestable.