Monday, 11 August 1873
Des le matin nous resolumes d'attendre Preiss car voila quatre fois qu'il vient. Mais jusqu'a quatre heures nous avions du temps et nous allames en ville (robe grise, mal). J'ai une figure de pendue. Chez Francine, on vient demain pour ma robe, puis en ville errer dans les rues. J'ai achete deux petits necessaires en cuir de Russie pour Lise et Aggie.
A dejeuner ma tante voit entrer Warpahowsky, elle envoie Paul le chercher. Il est reste au moins une heure avec nous. C'est un detestable, affecte, bete et voulant faire de l'esprit, un peu fou, drole.
Je veux aller a Paris et de la a Nice. Ma tante s'y oppose, mais si j'insiste elle cedera, sans aucun doute. Je n'achete rien ici, a Paris la toilette est incomparable. Comme je suis heureuse, tout ce que je veux se fait ! Ah grace a Dieu. Mais Preiss n'est pas venu; nous avons dine a l'hotel, puis une promenade au Prater et en ville. Nous allames au concert des dames. C'est tres curieux de voir un orchestre compose de femmes, les trompettes seules sont des jeunes garcons. Apres le troisieme morceau, j'ai voulu partir, c'est assez de voir, mais rester longtemps, c'est ennuyeux. Nous avons marche jusqu'a l'hotel.
Le temps est superbe. Une petite pluie a commence. Comme ma tante m'adore ! Je n'ai qu'a dire un mot pour que tout soit fait. On prie d'aller au cirque, elle ne dit ni oui, ni non, jusqu a ce que je ne dise rien. Jamais elle ne fait rien sans moi. Tout ce que je veux se fait. Je suis vraiment heureuse. Elle attend jusqu'a ce que je me couche. C'est une adoration.
Paul, expres pour rire, me taquine, tout de suite elle vient a mon aide. Je n'ai qu'a dire:
— Mais qu'est-ce qu'il fait ?
Et a l'instant elle commence toute une histoire. Ca me fait rire souvent. Maintenant elle attend la fin de mon ecriture pour me voir au lit.