Diary of Marie Bashkirtseff

# Mercredi, 30 avril

Very fine but a little cool. I rise at half past five now, and am in bed at ten.

Très beau mais un peu frais. Je me lève à cinq heures et demie maintenant, et suis dans le lit à dix heures.

At the promenade (blue dress, tired). Mlle Collignon neglects the lessons; she is late, etc., and it causes me so much pain that I cannot even describe it. Time flies; I am losing time I can never recover — it grieves me so that I am utterly miserable.

A la promenade (robe bleue, fatiguée). Mlle Collignon néglige les leçons, elle retarde etc. et cela me fait tant de peine que je ne puis même pas le décrire. Le temps fuit, je perds le temps que je ne pourrai jamais rattraper, ça me chagrine tellement que j'en suis toute malheureuse.

Today, after lunch, I went to Maman, who has not yet risen, but she is a little better. What alarms me is that she has so great a sadness without any cause. I am ready to weep because Maman has been ill for so long. I went to her, then, and we spoke of where to go in summer, of my education, of languages, etc., etc. They are right to speak against Mlle Collignon: she never speaks English, so that I know the language but do not speak it easily. And it is her fault — she gives lessons like a professor and never [Crossed out: speaks] converses. And then, even the lessons she neglects. I cannot say it to her face, and that is why I am so agitated; I cannot have something on my mind without saying it. I am astonished that she does not see it herself. I am so grieved by this that I always speak with irritation; today, talking with our people at Maman's, I spoke, I cried out, I nearly wept — I laughed at myself.

Aujourd'hui, après déjeuner, je suis venue chez maman qui ne s'est pas encore levée mais elle va un peu mieux. Ce qui m'alarme, c'est qu'elle a une tristesse si grande sans aucune cause. Je suis prête à pleurer à cause de ce que maman est si longtemps malade. Je suis donc venue chez elle, et nous avons parlé de où on ira en été, de mon éducation, des langues etc. etc. On a raison de dire contre Mlle Collignon, elle ne parle jamais anglais de façon que je sais la langue mais je ne la parle facilement. Et c'est sa faute, elle donne des leçons comme un professeur et ne [Crossed out: parle] converses. Et puis, même les leçons, elle les néglige. Je ne puis pas le lui dire à la figure et c'est pour cela que je suis énervée, je ne puis pas avoir quelque chose sans le dire. Je m'étonne comment elle ne le voit pas elle-même. Je suis si chagrinée de cela que je parle toujours avec irritation; aujourd'hui en parlant avec les nôtres chez maman, j'ai parlé, j'ai crié, j'ai presque pleuré, j'en riais moi-même.

I pleaded to go to Vienna. I shall go, with God's help.

Je plaidais pour aller à Vienne. J'irai, avec l'aide de Dieu.

Then I would like us to leave Nice, but unfortunately we cannot now. We must wait. Oh! my God, let this lawsuit end!! It keeps us nailed to Nice.

Puis je voudrais qu'on s'en aille de Nice, mais par malheur on ne *peut* maintenant. Il faut attendre. Oh ! mon Dieu, faites que ce procès finisse !! Il nous fait rester cloués à Nice.

I would like to go to Florence, to Naples, to Rome — to study painting, singing, music; in Nice it is impossible. And then, to go out in Nice society — fie! fie! I must find myself a husband in time, for I dare not hope for him any longer. To think of him makes my heart ache. I dare not love him any longer. And I must find another whom I shall perhaps not love. Oh! but what am I saying? Did I not say myself that I must hope, and that God sends me this time of trials where I have no hope, to test whether I am truly steadfast in my love? Oh yes! For the hundredth time, I entrust myself to God.

Je voudrais aller à Florence, à Naples, à Rome, étudier la peinture, le chant, la musique, à Nice c'est impossible. Et puis, pour sortir dans le monde de Nice ! Fi ! Fi ! Il faut que je me trouve un mari avec le temps, car je n'ose plus l'espérer. A penser de lui, mon cœur me fait mal. Je n'ose plus l'aimer. Et il faut que j'en trouve un autre que je n'aimerai pas *peut*-être. Oh ! mais que dis-je ? N'ai-je pas dit moi-même que je dois l'espérer et que Dieu m'envoie ce temps d'épreuves où je n'ai aucun espoir pour éprouver si je suis bien ferme dans mon amour. Oh ! oui. Pour la centième fois je me confie à Dieu.

I beseech Him to give me Hamilton, and I have faith in Him. He can do all things. I shall waver no more. Oh! but perhaps God does not judge me worthy of obtaining what I ask! Who permitted me to believe I should have him?

Je Le supplie de me donner Hamilton; et j'ai confiance en *Lui. Il* peut tout. Je ne balancerai plus. Oh ! mais peut-être que Dieu ne me juge pas digne d'obtenir ce que je demande ! Qui m'a permis de croire que je l'aurai ?

Oh! my God, if I am not worthy, if I have sinned in any way, if I have done wrong — forgive me! You are so merciful — forgive a foolish girl! My God, do not punish me! Life seems so beautiful, so smiling to me! Do not disillusion me. I promise not to be puffed up by my happiness; I shall never forget from whom I have it; I shall do good to the poor. Forgive, forgive me. And make me his wife. I shall never forget Your blessings.

Oh ! mon Dieu, si je n'en suis pas digne, si j'ai péché par quelque chose, si j'ai mal fait, pardonne-moi ! Tu es si miséricordieux, pardonne à une folle ! Mon Dieu, ne me punis pas ! La vie me parait si belle, si souriante ! Ne me désillusionne pas. Je promets de ne point être enflée par mon bonheur, je n'oublierai jamais de qui je le tiens, je ferai du bien aux pauvres. Pardonne, pardonne-moi. Et fais-moi *sa* femme. Je n'oublierai jamais Tes bienfaits.