Pondělí 18. července 1881
Další den v Sourny. Alexandre jedná s Dinou o prodeji jejího podílu, necháváme ho mluvit, a když je pevně přesvědčen, že nám nezkušeným popletl hlavu, vracíme se k tématu, jako by nic neřekl. Nedokážu ho sledovat ve všech jeho úskocích, ale to hlavní je udržet cenu: třicet pět tisíc rublů. Dává jen třicet tisíc. Ale stojím pevně.# Lundi 18 juillet 1881
L'arbitraire et les brigandages sont inimaginables ! On avait dissimulé les copies des actes et contrats faits par Romanoff [Rayé: en même temps qu'on le dit] à l'époque où l'on veut prouver qu'il était fou. Tous ces actes, ventes, locations, achats etc. etc. passés avec une quantité de personnes et reconnues valables. Aucune, des personnes qui ont traité avec Romanoff n'ont été inquiétées, excepté sa femme et maman et Alexandre parce qu'ils sont sœur et frère. Les copies de ces actes sont un argument tellement formidable qu'ils réduisent tout à néant. On les présentera demain. Enfin maman incriminée d'avoir capté la confiance de l'homme et de l'avoir marié de force presque avec sa sœur, maman la principale accusée, sortira blanche après douze années de souffrances, d'humiliations, de menaces de prison.
L'affaire a été intitulée: *attentat d'escroquerie contre la fortune de M. Romanoff.* Et cela sans preuve, simplement sur la plainte portée par des héritiers. Au bout de douze années de tracasseries et de calomnies, tout le monde apparaît innocent. Mais comment l'administration peut indemniser pour les préjudices moraux causés par cette horrible affaire. Il faudrait intenter un procès impossible contre le ministre alors régnant etc. etc. etc. Cela n'aurait pas de fin. Seulement admirez !
Hier Alexandre se présente à Tolkatch et lui demande à faire ses observations sur l'enquête qui est terminée. C'est son droit. Tolkatch lui répond qu'il n'a pas d'observations à faire attendu qu'il n'est mêlé au procès que par accident et n'est là que pour "tenir compagnie aux autres".
— Mais vieille canaille si c'est ainsi, comment se fait-il que me voilà depuis douze ans [sous le coup d'accusations aussi abominables] mêlé à un procès avec un "en tête" honteux !
— Taisez-vous, répond l'autre, vous n'êtes qu'un *gamin !*
Lorsqu'on a cassé la dernière élection d'Alexandre, c'est à grand peine que mon père qui présidait a réussi à interdire la lecture publique des raisons... On voulait lire et imprimer qu'un tel n'est pas confirmé dans ses fonctions comme étant incriminé d'escroquerie et d'attentat contre les biens de M. Romanoff. On se demande comment tout cela peut se passer ainsi !