Středa 11. května 1881
Zase je řeč o cestě, otec, který chce, abychom byli veselí, se snaží usmířit nás s mámou, která si nic lepšího nepřeje, ale víte, zkrátka ti lidé nic nechápou. A já nemohla nic říct, chtěla jsem potisící zformulovat své výčitky vůči všem, vůči otci, ale rozplakala bych se horkými slzami. Není to jen tak, jak říká otec, že toužím po slušné existenci, je to nahromadění trápení a zklamání, o němž si nelze udělat představu a které byste snad pochopil, kdybyste viděl, jak pláču, zatímco píšu. Dospěla jsem do bodu, kdy nelze zůstat... vždyť koneckonců jsem jen lidský tvor a vše... až po... zkrátka i teď takový, že to není protivné, ten Saint-Amand, který se snažil, neříká nic, ale dobře to ví. Ta věc se španělskou královnou, zase jedna promarněná sezona, a to když je člověk mladý, když po všem touží jako ostatní, když vidí jiné... Vždyť copak vlastně žiju? Mám raději svět ducha než svět elegance, ale nemám ani ten — zkrátka nic. Dospěla jsem k tomu, že pláču, když čtu zprávu o nějaké slavnosti nebo ráno v Lese výčet amazonek na koních... já zůstávám zavřená, a když se ukážu, mám úspěch, hned vzápětí následovaný nějakou hrůzou, a to vše ho činí ještě příšernějším.# Mercredi 11 mai 1881 De nouveau on parle de voyage, mon père qui veut que l'on soit gai tâche de nous réconcilier avec maman qui ne demande pas mieux mais vous savez, enfin ces gens-là ne comprennent rien. Et je ne pouvais rien dire, je voulais pour la millième fois formuler mes griefs contre tous, contre mon père mais j'aurais pleuré à chaudes larmes. Ce n'est pas seulement comme dit mon père que je désire une existence convenable, mais c'est un amoncellement de chagrins et de déceptions dont il est impossbible de se faire une idée et que vous comprendriez peut-être si vous pouviez voir comme je pleure tout en écrivant. Je suis arrivée à un point où il est impossible de rester... après tout je ne suis qu'une créature humaine et tout... jusqu'aux... enfin même à présent tel que ce n'est pas vexant, ce Saint Amand qui essayait, il ne dit rien mais il sait bien. Cette chose de la Reine d'Espagne, encore une saison de perdue et ça quand on est jeune, quand on a envie de tout comme les autres, quand on voit d'autres... Car enfin est-ce que je vis. Je préfère le monde intelligent au monde élégant mais je n'ai même pas celui-là, en fin rien. J'en arrive à pleurer en lisant le compre-rendu d'une fête ou le matin au Bois l'énumération des amazones... je reste enfermée moi et si je me montre j'ai un succès immédiatement suivi de quelque horreur et tout cela le rend encore plus atroce.
Et ils sont bien tranquilles, ils se disent que cela viendra et puis si je suis calme ils se disent: Ah ! tant mieux, elle ne songe à rien. C'est à en mourir dix fois !!
Enfin je lui ai dit à mon père que je ne veux pas aller pour le contrarier, que j'ai assez d'eux tous, que je ne veux avoir rien de commun avec lui, qu'il m'est inutile comme les autres. Vous ne voulez pas ou peut-être ne pouvez pas ? Peu m'importe.
Vous êtes venu, qu'avez-vous fait ? Rien. Eh bien n'en parlons plus, que ça finisse, ne me tourmentez plus, je ne veux plus rien, ne me parlez de rien !
A quoi bon ajouter [Mot noirci : l'écoeurement] de discussions et conversations oiseuses et qui me mettent les yeux hors de service.
Déjà je vois moins bien. Que je n'aie plus d'yeux pour travailler ce sera complet... Du reste.
Ah ! c'est une des plus désespérantes journées de ma vie.