Pátek, 16. června 1876
Zapomněla jsem říci, že včera byl slavnostně uzavřen sňatek Lacroixe se Saetone,1 jehož svědky byli pan Guiglia a pan Émile d'Audiffret [sic].# Vendredi 16 juin 1876
Pourvu qu'ils soient heureux !
— Ano, jako každý den.
— Zabiješ se.
— To mi je jedno.
— Kdy odjíždíš? — zeptal se dědeček.
— Oh! brzy — v Paříži zůstanu deset dní.
— Na to jsou třeba peníze, řekla teta.
— Ne mnoho — potřebuji jen jedny nebo dvoje šaty.
— To je příliš málo, řekl dědeček, žárlivý na to, abych se v Rusku ukázala dobře zásobenou.
— Ne, tatínku, mám mnoho šatů, jež jsem si pořídila pro Řím — ale protože jsem v Římě nikam nechodila, šaty zůstaly v kufrech.
— Tu t'es couchée bien tard hier, me dit maman.
J'en avais dit assez, maman se mit à pleurer et quand nous fûmes seules commença la première à me parler des choses désagréables, pleurant et se plaignant de son mari et des Tutcheff qui la poursuivent et racontent sur son compte les plus atroces noirceurs. Et on croit facilement. M. Tutcheff est maréchal de noblesse, et grand seigneur lui-même. Et ma mère n'est rien.
Je dis d'abord d'un ton assez froid que je n'avais que faire de ses reproches attendu que ce n'était pas moi qui l'avais mariée à mon père. Mais comme elle pleurait toujours j'allai l'embrasser et sous ce baiser se cachait une vilaine pensée égoïste, car en me montrant résignée et bonne je doublais son chagrin et l'amènerais peut-être à quelque chose.
— Je ne suis pas assez riche, disait-elle, pour éblouir et prendre par l'éclat et je ne suis rien moi-même.
La soirée se passa à discuter sur la différence qu'il y a entre être fataliste et croire à la volonté de Dieu dans toutes choses.
Maman confond les deux et m'exaspère. Tout est écrit d'avance. Voilà la phrase avec laquelle elle me pousse hors de moi. Si tout était écrit d'avance il n'y aurait eu que des hommes vertueux attendu que, Dieu étant le principe du Bien n'écrirait pas des vies pleines de crimes.
— Ale, madame — Bůh stvořil otce stejně dobře jako syny. Nepotřeboval nařizovat zločiny prvním, aby měl potěšení trestat druhé.
— Svatý Pavel řekl, že ani vlas nespadne bez Boží vůle.
— Souhlasím — přijímám Boží Vůli a skláním se před ní; ale Vůle neznamená: předem dané předpisy. Kdyby vše bylo předem napsáno, nebylo by zásluhy ve ctnosti ani viny ve zlu — protože taková by byla Boží vůle.
— Ať děláme cokoli — má-li se něco stát, stane se.
— Ale, madame — nevíme, co se má stát; jak tedy můžeme cokoliv dělat pro nebo proti tomu?
— Non, s'obstinait maman, s'il y a des crimes c'est que Dieu veut punir par ces crimes les fautes des pères.
Le général tâchait de prouver avec moi mais, voyant que c'était se briser le front contre un rocher, nous avons changé de conversation, et elle roula sur Rome et les Romains.
Je racontais la fausse position de la cour au commencement, quand on invitait au palais les femmes des officiers et quand on écrivait sur les cartes que la toilette était de rigueur.
— A je to zábavné? — zeptal se Bihovetz.
— Prý.
— Vy jste nikdy nešla?
— Nikdy — máma byla stále nemocná.
— A présent, dis-je, cela va mieux, mais tout le monde va à la cour, on n'est pas encore difficile.
Et je rougis et mes mères ont vu cette rougeur et j'ai été heureuse de leur passer un peu de ma souffrance.
Après une demi-heure de causerie avec Amalia, je l'ai renvoyée et cédant à la même tentation que hier j'ouvris mon chiffonnier et en tirais le portrait d'Antonelli. Celui qu'il a donné à ma tante.
Je n'aurais pas été le prendre si Amalia en me flattant de toutes les façons et en disant qu'il y avait sans doute bien des messieurs qui me demandaient, ne m'eût priée de lui montrer des portraits. Je lui en montrai cinq ou six, en apercevant celui du Cardinalino * elle s'écria que je devais prendre celui-là.
Aussi, à peine seule, fus-je immédiatement à le prendre... en mains.
C'est étrange, je ne pouvais en détacher les yeux et tout en le regardant encore et encore et encore je l'approchais si près que mes lèvres se collèrent sur cette image de carton et ce carton me parut vivant. Je le jetais loin de moi et m'agenouillai auprès de la chaise-longue en cachant ma tête dans mes bras.
Regarde-t-il mon portrait au moins ? Oh ! non, pourquoi regarder un portrait, quand on n'avait qu'à écrire !
Et pourtant il ne me trompait pas. Cependant il y avait dans sa tendresse même assez de nonchalance pour me faire rêver. J'aurais désiré plus de respect, plus de timidité, plus d'inquiétude surtout. Je m'inquiétais où il était, lui jamais. Jamais il ne..., jamais enfin il n'a été comme on doit être quand on aime vraiment. Il avait l'air de faire comme ça. Au lieu de me révolter des baisers sur la main, je souriais, au lieu de l'écarter le dernier soir je... j'allais presque au devant de lui.
Ah ! faiblesse ! faiblesse ! Quand donc t'extirperais-je ?
Je l'aime et je le méprise et je suis confuse de ma folle conduite.