Úterý 9. února 1875
Mardi, 9 février 1875
A deux heures, Marie, Olga, moi, Paul et Cima, ces deux derniers masqués, partons [...]
Nous, avec nos masques en fil de fer, étions parfaitement reconnaissables mais paraissant l'oublier avons fait tout comme si les masques les plus prudents couvraient nos visages.
Ainsi nous fîmes le premier tour, battant, interpellant tout le monde, appelant les gens par leur nom [...]
Fallait-il avoir des poumons !
Mais au quai Saint-Jean-Baptiste, oh horreur ! plus de confettis ! [...]
[Rayé:Mais le monde des tribunes n'était plus là. Il fallait]
A défaut des tribunes qui se vidaient peu à peu nous nous en prîmes à la foule, aux malheureux soldats [...]
Le malheureux 111ème a vu le feu ayant j'ose le dire, un feu plus redoutable que celui des Prussiens.
Tout en retournant et en entrant sur un terrain raisonnable, la Promenade, nous ne cessions pas de converser avec les passants, la Chestakoff passe - Oh ! la sale femme lui crie Paul [...]
Je rentre tout étourdie les oreilles bourdonnantes. A huit heures nous retournons voir l'illumination et l'exécution du Carnaval brûlé [...]
Pendant l'auto-da-fé je retombe dans la torpeur dont j'ai parlé, les autres se lèvent et je les suis machinalement [...]
Je n'ai vu que le Carnaval de Nice, pour cela peut-être il me paraît si beau [...]
Nous allons au Français, ma tante est là, "Giroflé-Girofla" [...]
Je n'ai qu'un regret, c'est que ce soit fini [...]
Tout cela est commun, canaille, gamin, mais c'est amusant [...]
Dans le jour comme dans le soir nous étions seuls sans aucune personne blasée et grave qui nous empêchât de faire ou dire ce qui nous passait par la tête. C'était imprudent peut-être, mais si gai, et il m'arrive si rarement d'être gaie.
En descendant de la tribune je vis les fenêtres de la Préfecture illuminées et les voitures amenaient des femmes aux épaules nues et des hommes en habit, et mon cœur se serra.