Neděle 6. dubna 1873
Dimanche 6 avril 1873
Temps gris, puis poussière et vent. A l'église je n'ai pas été, puis on est allé je ne sais où et on ne me donna la voiture qu'à quatre heures. Je lisais tout ce temps; quand on arriva j'étais hors de moi, je grondais comme une folle, je ne trouvais des paroles assez fortes pour ma colère. A la musique (robe velours noir, vêtement cachemire noir, pas bien), j'ai même pleuré avant de sortir. Pas beaucoup de monde. Ah ! la saison est à son déclin, les trois-quarts sont partis, c'est triste. Il me semble que cet hiver, sont deux hivers, l'un fini, puis une période de mauvais temps, du vent, me semble l'été et le présent me semble le commencement d'un autre hiver. Aujourd'hui je me trouve embarrassée pour écrire quelque chose.
Ah ! dans ma colère je maudissais mais quelques minutes après je me repentirai de ce que je dis. C'est vrai. Je ne puis croire que j'étais si fâchée.
Le soir au Français on donne une pièce extraordinaire d'un grand succès. "Le fils de la nuit". M. et Mme Lafontaine jouent. C'est assez bien, fantastique, un peu pour les enfants (robe noire, col blanc ouvert, cheveux retroussés comme hier, une marguerite dans les cheveux et une sur le nœud du col, très bien). Il y avait beaucoup de monde élégant.
Les Galve dans une avant-scène et la fille de Souvoroff dans l'autre avec les bébés de Bravura.
Vraiment Mlle de Galve me plaît tant, je ne puis exprimer comme elle me plaît, jamais femme ne m'a tant plu. Elle est habillée, coiffée si simplement, si élégamment, si gracieusement. Je me suis amusée ce soir.
Ah ! j'oublie, la comtesse d'Osmond de Fillé avec son fils est venue cet après-midi. Si elle rencontre Mouzay ! aïe ! aïe !
Je suis fâchée qu'il ne m'ai pas vue ce soir, j'étais jolie. Mais je serais encore cent fois mieux si j'étais coiffée comme Galve, car dans elle, ça n'est pas sa figure qui me plaît tant, c'est plutôt sa tête, sa coiffure est adorable; à la regarder en trois-quarts par derrière, de façon qu'on voie sa coiffure, son oreille et le commencement de sa joue, c'est un délice, un tableau ! Je voudrais avoir ses manières enfantines, mûres, charmantes.