Deník Marie Bashkirtseff

Lundi 24 mars 1873

Ráno v sedm mě máma zavolala a ukazuje mi dopis slečny Collignon adresovaný tetičce, kde mimo jiné říká, že už nemůže déle snášet „drzou a marnivou povahu Marie". Chce odejít. Dříve jsem to chtěla a myslela, že mě to nebude mrzet, ale teď jsem si na ni vzpomněla, když byla milá, atd.; ale jakmile jsem ji viděla, ta lítost se rozplynula, protože už není, čím bývala. Máma také dřív chtěla, aby odešla, teď všechno hází na mě a lituje ji

Le matin à sept heures maman m'a appelée et me montre une lettre de Mlle Collignon adressée à ma tante où elle dit entre autres qu'elle ne peut plus longtemps supporter "le caractère impertinent et vain de Marie". Elle veut partir. Avant je le voulais et je croyais que cela ne me fera pas de la peine mais maintenant, je me suis rappelée d'elle quand elle était bonne, etc. mais en la voyant, ces regrets se dissipèrent parce qu'elle n'est plus ce qu'elle était. Maman aussi, avant, voulait qu'elle parte, maintenant elle met tout sur mon dos et la regrette, étale toutes ses qualités, c'est toujours comme cela, la plus mauvaise chose, une fois perdue, paraît très belle.

S panem Bensou jsme při hodině malby mluvily o vévodovi a on nám řekl, když se mluvilo o Audiffretově jmění, že musí být bohatý, dává-li dary za dvacet tisíc franků. Zeptaly jsme se komu? Gioie. Bensa řekl, že se před čtrnácti dny procházel s jakýmsi pánem, když si kolem jedenácté ráno všiml krásné ženy s krásnými vlasy na procházce a pan Audiffret s ní hovořil; zeptal se, kdo to je, řekli mu „vévodkyně z Hamiltonu", ale on namítl, jak může přijmout dar za dvacet tisíc franků, a tak mu vysvětlili celou záležitost, že to není jeho žena, ale kurtizána velkého stylu, která ho následuje a že to v Nice začalo. Povím ten rozhovor jako v komedii, jinak by to bylo příliš dlouhé.

Avec M. Ben*sa*, à la leçon de peinture, nous parlâmes du duc et il nous dit, en parlant de la fortune d'Audiffret, qu'il doit être riche s'il donne des cadeaux de vingt mille francs. Nous demandâmes à qui ? C'était à Gioia. Bensa dit qu'il se promenait il y a quinze jours avec un monsieur quand il a remarqué une belle femme aux beaux cheveux vers onze heures du matin à pied et M. Audiffret lui parlait, il demanda qui elle était, on lui dit "la duchesse de Hamilton" mais il dit comment peut-elle accepter le cadeau de vingt mille francs, alors on lui expliqua toute l'affaire, qu'elle n'est pas sa femme mais une cocotte de grand train, qui le suit et que c'est à Nice que cela a commencé. Je dirai la conversation comme dans une comédie, sans cela c'est trop long.

[Na okraji: Bensa hned napoprvé pokládal mladého Audiffreta za pacholka ze stáje a divil se, že s ním vévodkyně mluví.]

[Dans la marge: "du premier" coup Bensa prit le jeune Audiffret pour un garçon d'écurie et s'étonnait que la duchesse lui parlait.]

Bensa:

Bensa:

— Ale vévoda z Hamiltonu je bohatý, nepotřebuje jiné.

— Mais le duc de Hamilton est riche, elle n'a pas besoin d'autres.

Cizinec:

L'étranger:

— Takové ženy potřebují vždycky.

— Ces femmes-là ont toujours besoin.

Bensa:

Bensa:

— Ale jak to snáší.

— Mais comment il le souffre.

Cizinec:

L'étranger:

— Ach! tomu nevěnuje valnou pozornost, je mu to jedno.

— Oh ! il n'y fait pas grande attention, ça lui est indifférent.

Ta poslední slova mi připadala, že tak dobře vystihují vévodu: jaká povaha! On není jako ostatní, je to milý chlapík, bezstarostný

Ces derniers mots m'ont paru si bien caractériser le duc: quel caractère ! *Il* n'est pas comme les autres, il est un bon garçon, insouciant, qui vit à son bon plaisir et ne se tourmente pas inutilement. En même temps un peu mauvais sujet, enfin un bon enfant gâté. Ce caractère me plaît et je l'aime aussi pour son caractère, ces paroles m'ont fait plaisir, parce que je ne tromperai jamais sa confiance, oh ! mais il ne me regardera pas comme elle, je serai sa femme ! Sa femme ! Comment j'ose espérer un si grand bonheur ? N'est-ce pas présomptueux de ma part ? Mais je ne fais rien; je ne fais que désirer et prier Dieu, et peut-être II m'accordera cette grâce ! Il est si bon pour moi ! On a énormément parlé du duc toute la journée; Bensa, et tout le monde, même Markevitch, de sa villa, de son bien, d'e//e, beaucoup, etc. etc. j'ai parlé de sa fortune avec Dina, assez. Comme je suis heureuse quand on parle de lui. Je l'aime tant ! Voilà quand je sens que j'aime vraiment.

Na promenádě (kabátek z vikuně) málo lidí.

A la promenade (vêtement vigogne) peu de monde.

Šla jsem do New Scotland, vzala vzorky na koupací úbory, pak k Manbymu. Zdálky jsem viděla Gioiu, asi s Corou, a landauer se dvěma pány za ní. Třesu se a jsem celá rozrušená, když zdálky vidím její kočár. Závidím jí, závidím jí její krásu, závidím jí vše. Je to špatné, ale je to tak. Ale nesmí se věřit, že jsem si jistá, že budu jeho ženou; je to snad sen, krásný sen, v každém případě by to bylo šílenství. Jen doufám, toužím a modlím se. Vyšla jsem z New Scotland přitažena tím dobře známým zvukem a viděla její kočár s jedním koněm uhánějící k nádraží. Možná ho dnes čekají. Ach! ale trpělivost, myslím, že přijede na střelbu, a tehdy!... Ach! Bože, dej mi ho tam poznat. Bože, jen Vy můžete nemožné!

Je suis allée à New Scotland, j'ai pris des échantillons pour des costumes de bain de mer, puis chez Manby. J'ai vu de loin Gioia, avec Cora probablement, et un landau avec deux messieurs la suivant. Je tremble et suis toute agitée quand je vois de loin *sa* voiture. Je l'envie, j'envie sa beauté, j'envie tout en elle. C'est mal mais c'est ainsi. Mais il ne faut pas croire que je suis sûre d'être sa femme; c'est peut-être un rêve, un beau rêve, en tout cas ce serait une folie. Je ne fais qu'espérer, désirer et prier. Je suis sortie de New Scotland attirée par le bruit bien connu et je vis sa voiture à un cheval courant vers la gare. Peut-être on l'attend aujourd'hui. Oh ! mais patience je pense qu'il viendra pour le Tir et alors !... Ah ! mon Dieu, faites-moi le connaître là. Mon Dieu ce n'est que Vous qui pouvez l'impossible !

Miluji ho doopravdy. Miluji ho! I kdyby nebyl příliš bohatý, miluji ho stejně, jen ať má dost na to, aby se slušně žilo.

Je l'aime en réalité. Je l'aime ! S'il n'est pas très riche, je l'aime tout de même, pourvu qu'il ait assez pour bien vivre.