Вівторок, 14 липня 1874
Je viens de relire mon journal depuis l'apparition de Gericke. Je me suis trompée plusieurs fois. D'abord en disant que Basilévitch est une honnête femme et ensuite que Gericke a des idées sur le comme il faut et les convenances. *Ce n'est pas vrai* comme dit Row.
Depuis le matin je cours. On a tout préparé, a tout pensé, excepté aux moyens de transports. Ce matin on ne trouve pas un cheval, pas une voiture. Tout cela est à Verviers aux élections.
Il est bien naturel qu'on coure après elle, tandis que ma mère ne peut être courtisée pour *cent mille raisons.*
Pour ma part j'apporte deux ananas et une fleur pour chacun, nouée d'un ruban bleu avec ces mots gravés en or: *Spa, 1874.*
La marquise avec son mari, ses protégés Mme et Mlle Davignon, quatre serviteurs, sa vaisselle, le linge de table et une grande partie des provisions, est allée à une heure pour tout préparer.
On commence à venir, la première est Basilévitch avec de Tanlay, puis de Gericke, puis Koukourikan, puis M. et Mlle Vitoslowsky, puis les Américains, les deux demoiselles Row, et Mrs Winslow et Ladd.
Puis le départ s'effectue.
La marquise vêtue comme une cuisinière, les Davignon et le marquis, nous rencontrent.
Basilévitch, avec son comte, arrive la dernière et repartira la dernière, de sorte qu'elle s'arrange deux tête-à-tête.
On a apporté une quantité de bonnes choses mais la nappe fut mise sur l'herbe, on s'assit sur l'herbe. C'était trop rustique, surtout pour les jambes.
Je n'étais pas trop mal, mais chacun se plaignit de cela, je fais comme les autres.
Sans doute avec une table on serait moins libre, ce que regretterait sans doute mon cher voisin de Gericke qui avait pour voisine Ida Row, qui lui donnait à manger de son assiette, et lui faisait des yeux beaucoup plus doux que le gâteau apporté par Basilévitch.
Dina faisait tableau sous un arbre; maman ne prit aucune posture.
On y alla donc. Les tables furent mises dehors et nous avons dansé, Kou *etc.* a joué.
Gericke est un fou inconvenant. En me parlant il tapa sur mon épaule, c'est trop enfant en vérité !
Non, ce n'est pas un homme qui peut me plaire. Il est amusant voilà, voilà tout.
Row se joint à nous. Il fait frais, nous allons dans l'herbe toute humide, Dina s'effraye d'une araignée, court, je cours après elle, sur les marches nous heurtons presque de Tanlay.
Papa rigolo m'enseigna le langage de l'éventail. Il danse bien, mais le pauvre est trop jeune.
Le seul moyen, c'est de ne pas rester seule.
On voit ici, les idées sur les convenances et les hauts principes de de Gericke; et ma légèreté et bêtise aussi : *On s'instruit à tout âge*.
On voit aussi beaucoup de choses qui ne peuvent que se voir.
Nous arrivâmes avant tout le monde et attendîmes sur le balcon. Le baron monta, je mangeais des fraises et il m'ennuyait pour que je le nourrisse comme Ida. Ce que je ne fis pas, je crois bien, bon Dieu.
Encore au Casino. Je suis très fatiguée. Pas dansé. Vu le jeune homme qui me regarde toujours et que je regarde quelquefois parce qu'il est beau bien que brun.
Il se met vers la fin de la soirée près de la colonne gauche en entrant et regarde comme je danse.
Je danse trop. Nos messieurs sont beaucoup et à chacun deux danses fait beaucoup.
Je dis à maman que je voulais savoir qui était ce monsieur. Quand je danse on regarde mes pieds.
J'ai faim, j'ai mangé un demi poulet.
Je voulais dire à maman ce que de Gericke a fait mais, me souvenant d'une phrase qu'elle me répète souvent: Toute vérité n'est pas bonne à dire - je me tus. Cela pourrait faire trop de tapage.