Неділя, 10 серпня 1873
Nous attendions Preiss a midi, mais a midi un quart, nous descendimes dejeuner.
Quand j'ai remonte, la femme de chambre me dit que ce monsieur est encore venu et qu'il viendra demain a quatre heures. Comme c'est malheureux, voila trois fois qu'il vient. Il croit sans doute que c'est Mme Miloradovitch a en juger par son empressement. Il fait froid, un temps superbe. Je suis reveillee, ces chaleurs me tuent. Il pleut un peu (robe grise, pas mal). A l'Exposition, il y a foule aujourd'hui. En arrivant j'ai voulu monter dans l'ascenseur jusqu'en haut. Arrivees a la moitie, la tante veut retourner, je veux continuer, je continue, elle reste en bas, promettant de retourner a l'hotel et se fachant. Mais je savais bien qu'elle m'attendrait et je continue. Les escaliers sont inondes, on a peine a marcher sans se mouiller. Du haut, la vue est tres belle, on voit tous les batiments de l'Exposition, les pavillons, les fontaines, etc. etc. C'est une delicieuse journee, si fraiche, au moins on peut voir les choses.
A cinq heures nous rentrons et dinons a l'hotel. On va a l'opera: "Hamlet". Je le vois pour la premiere fois (robe blanche mousseline, cheveux au naturel, sans gants, bien, peut-etre tres). L'opera me plait beaucoup, les femmes sont tres belles, les costumes aussi, celui de la reine en particulier. Ophelia est tres bien dans la scene de la folie, elle se noie admirablement. La scene de l'enterrement est stupide. Vraiment le theatre de Vienne est beau, il n'y a rien a dire, les chanteurs, les decorations, les costumes, l'orchestre, le ballet, tout, en un mot est parfait. Il y a trois ans, c'etait loin d'etre ainsi pour les chanteuses. Et alors, j'etais moins difficile.
Nous retournames a pied. Tous avions beaucoup ri. A la maison encore j'ai ennuye Dina.