Понеділок, 10 березня 1873
Lundi 10 mars 1873
Très beau temps mais pas de soleil.
Notre jour. Nous avions assez de monde, je ne suis entrée que pour une minute pour demander quelque chose à maman en ma qualité de petite fille; il y avait Markoff, Nikiforoff, Abramovitch. Je suis très contente de ma conduite. Avant d'entrer, j'ai monté l'escalier et je me suis regardée dans la glace qui est là, j'étais blanche, rose (jolie).
A la promenade (vêtement vigogne). Assez de monde.
J'ai vu des affiches: "Les 3,5,7 avril grand concours international de tir aux pigeons".
Figurez-vous ma joie. Oh ! s'il y prenait part, mais non, il n'est pas ici et il ne viendra pas. Je sais qu'il est à Paris avec......elle.
Il y a si longtemps que je n'ai pas vu Boreel, avant je le voyais tous les jours et maintenant il tient au proverbe: "Quand on veut se faire adorer, il faut se faire désirer I".
Je m'ennuie sans lui, je suis triste, ma figure a pris une expression pensive et languissante quelquefois, surtout aujourd'hui.
J'ai acheté une paire de bottines. En voiture je vis passer Boreel à pied à la promenade, nous étions deux, moi et Mlle Collignon à propos, elle se tient si mal, elle est redevenue méchante, je voudrais qu'elle s'en aille.
Nous étions donc arrêtées pour prendre papa qui n'a pas voulu venir. Au moment où la voiture bougeait, je l'ai vu, il m'a regardée. C'est dommage qu'il m'ait vu avec un air triste, et encore j'ai un tout petit peu rougi, cela devait me rendre jolie, il le prendra pour son compte, quoique c'est un peu pour lui, mais je ne veux pas qu'il le sache. Ah ! il le sait déjà trop, j'étais contente de le voir. Sans *eux,* je ne suis pas moi. Puis nous tournâmes, il était encore à pied, dans la rue du Lavoir parlant avec le même homme et regardant à travers la grille de la maison n° 25.
Voilà encore ce livre fini, comme j'écris beaucoup !