Четвер, 20 лютого 1873
Jeudi 20 février 1873
Beau temps. Avant d'aller en voiture, marché une heure avec Mlle Collignon, et nous vîmes Boreel.
Le matin on m'a essayé ma robe blanche.
A la musique (robe bleue) moi, maman, Sophie, ma tante, nous vîmes Boreel avec deux chevaux, il a salué. Avant, il vient se mettre derrière et nous regarde. Puis il vient se mettre à côté. Je ne m'attendais pas à cela, et cela m'a fait un énorme plaisir, on parlait tout le temps de lui, puis maman dit:
— Il faut aller chercher Dina et moi je rentre.
Je donne ordre à Dominique, mais maman dit:
— Attendez, maintenant c'est impossible de sortir.
En ce moment Boreel s'éloigne pour nous donner passage. Maman dit "merci". En tournant nous le rencontrons, il salue maman et elle aussi pour le remercier, puis nous le voyons encore. Nous allons chercher Dina, maman reste. Nous nous mettons encore à la musique, il est derrière nous, mais Dominique avance et nous éloigne assez. Nous le vîmes encore plusieurs fois. Donc il ne me déteste pas, il ne veut pas me fuir, au contraire, enfin ma prière est exaucée, nous le connaissons presque. Oh ! mais cela ne donne-t-il pas le droit d'espérer que les autres prières se réaliseront. Oh ! mon Dieu fais-le ! surtout par rapport au duc de Hamilton !
Fuir, déteste, quels mots ! Miserere I
Oh ! tu diras que je ne sais pas ce que je veux, mais je voudrais bien de Boreel mais lui n'étant pas titré et riche ne peut satisfaire à mes caprices, et sinon, je serais malheureuse et je le rendrais malheureux aussi. Mais je l'aime bien. Mais je préfère le duc sur tous les rapports.
Cela me fait plaisir de voir que mes idées ne changent pas. Ici je fais le raisonnement que je viens de faire il y a quelques jours.
Boreel est très beau, aujourd'hui particulièrement je regardai sa main non gantée, elle est grossière assez, mais j'aime beaucoup cela. Comme c'est dommage qu'il ne soit pas le baron Finot ! A propos ! *Astrolabe a gagné tout à Cagnes !* S'il était le baron Finot je serais la plus heureuse des mortelles ! mais il ne l'est pas, donc c'est inutile d'en parler. Je sais maintenant où demeure le duc, à l'hôtel de la Grande-Bretagne ou à l'hôtel d'Angleterre, parce que Gioia est allée chez lui avec le petit garçon
A cette époque je n'avais pas remarqué la démarche de cet Apollon. Et je n'avais aucune idée de comme il faut et de comme j'aime.
Je ne demandai ni noblesse de démarche, de manières etc. C'est cette noblesse et ce grand air que j'admirais dans le duc, sans savoir ce que j'admire.
Oh ! mais c'est abominable. Comme Boreel ne convient pas, je veux aimer Hamilton; et je le puis, même je l'aime. Oh ! faites, mon Dieu, qu'il se présente.
Aujourd'hui c'est un grand triomphe pour moi, un si grand que c'est comme un rêve. Nous vîmes Boreel une quantité de fois, il salue, il se met à côté, il regarde, il (presque) suit la voiture. Comme je suis heureuse et comme le Bon Dieu est bon ! Oh ! s'il me donnait Hamilton ! mais il est trop attaché à Gioia. Aujourd'hui elle était superbe mais ce n'est pas tant avec sa beauté qu'elle le retient, c'est avec l'habitude, les paroles, mille artifices ! Oh je n'en sais rien, mais il est à elle. Comme c'est cruel cette conviction ! Je voudrais tant le connaître. Comme c'est drôle, je vois Boreel, il me plaît beaucoup, je l'admire, je l'aime et il suffit au duc de Hamilton de se montrer pour détruire tout cela et ne faire penser qu'à lui. Boreel aujourd'hui a tout simplement couru après nous. Ce n'est pas vrai, c'est l'imagination. Eh ! bien si le duc passait et jetait un regard seulement: Boreel n'existe plus. J'en suis convaincue.
Oh ! mon Dieu faites-nous connaître le duc. Vous ! qui me donnez tout ce que je demande. Oh Mon Dieu, faites-le.