Jouy, la campagne, fait très vivement sentir la beauté des tableaux de Bastien. C’est un grand artiste. Les parisiens ne peuvent l’adorer, mais s’ils se donnaient seulement la peine de regarder la campagne, si grande, si simple, si belle, si poétique... Chaque brin d’herbe... Les arbres, la terre, le regard des femmes qui passent, les attitudes des enfants, la démarche des vieillards, la couleur de leurs vêtements s’harmonisent avec le paysage... Mais on est tenté à chaque instant de s’écrier: Bastien-Lepage ! Et combien lamentables sont ceux qui le copient, qui peignent des paysans quelconques, des bûcheronnes ou des ramasseuses de salade ! Ceux qui voient tout sauf ce qui ne se voit pas; qui se sent et que seul il a compris, avec Millet, j’ajoute Millet de confiance et pour les autres. Les figures de Millet ne valent pas celles de Bastien dont les paysages Bastien valent ceux de Millet, il y a donc supériorité du côté de Bastien. On dit que ses fonds sont plats... C’est aussi mon avis quelquefois... mais... A un autre jour.