Samedi, 9 août 1879

Hier soir j’ai longtemps prié Dieu mais je n’ai pas senti qu’il m’eût entendue. Il y a des choses impossibles et quand on les demande c’est en vain.
Je suis allée au Bois avec Berthe. Je sors de nouveau avec elle, c’est dangereux mais cela m’amuse. Pendant que nous nous promenions on a fait un bésigue des noms, les vieux. Le soir un monde fou au cirque. Avec nous, Blanc, Bichinsky et Alexis.
Je sens que ne ferai pas ma gloire en peignant mais bien en sculptant. Aujourd’hui j’ai une passion pour la sculpture.
Partir ou rester ? Les malles sont faites. Mon docteur, ne paraît pas croire à l’éfficacité des eaux du Mont-Dore. Qu’importe j’y vais me reposer. Et en revenant il me faudra mener une existence incroyable. Je peindrai tant qu’il fera jour et je sculpterai le soir. En outre il me faudra me créer des relations chez le Prince.
Je voudrais rendre des services au Défunt. Si je pouvais seulement avoir une lettre pour l’ambassade tout serait dit. Et je ne fais rien pour l’avoir ! Mais rien de rien.
Je suis une folle. Ça ne fait rien. Je vous jure, comme dit Cassagnac, que je m’en tirerai.