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Dimanche 16 mai 1875 (suite)
Là, juste en face de la voiture, sont tous les jeunes lions de Nice y compris Girofla, tout rose. Je ne le regarde pas. Nous conduisons ma tante à la maison et revenons, arrivent les Durand, et s’arrêtent à côté de nous.Lucie qui revient de Rome, me parle, nous échangeons quelques phrases et, comme la musique finit, je dis au cocher de bouger.
On voit encore ce fameux Girofla qui représente pour le moment mon unique distraction, distraction agréable dans tous les cas.
Sait-il notre escapade d’hier ? Voilà ce que je tiendrais à savoir. Je ris et m’amuse comme une reine que je suis.
Et le soir nous allons au théâtre où je laisse une partie de ma gaieté car Girofla n’y est pas.
Il m’amuse et pourtant je ne l’aime pas, mais là, pas du tout.
Il me met en colère ce petit parce que, comme je disais ce matin à déjeuner, je me sais belle, grande, bien faite et je vois ce petit Niçois, ce vermisseau de terre, qui, même lui, ne devient pas amoureux de moi.
Voilà ce qui me met en colère ! O mon Dieu, daignez Vous abaisser jusqu’à ma bassesse et rendez-le amoureux pour que je puisse le tourmenter un peu. Cela ne le fera pas mourir, et cela me fera vivre !