Dimanche 27 juillet 1873

J’ai relu à mon réveil la journée d’hier. Rien ne m’étonne, il me semble que c’est ordinaire. Seulement une chose, qu’est-ce qui a donné à la princesse ces idées ? Etrange !
Maman et ma tante allèrent chez Mme Anitchkoff où M. Patton était pour discuter sur une dénonciation des Tolstoy. Je suis allée là en robe de chambre, sans chapeau, demander si je dois garder la voiture. De chez Mme Anitchkoff aux bains Macarani sans changer de costume. Dans quelques minutes arrivèrent tous les Anitchkoff.
J’aime aller aux bains par coquetterie, aujourd’hui par exemple, ma tante et la princesse entrèrent et cette dernière dit:
-- 'Regardez comme c’est une image !
-- Oui, bien sûr une image !*
Papa a osé dire que je suis mal faite. Mais tous me défendirent.
Avant déjeuner ma tante descendit, la princesse était déjà là.
-- Eh bien, duchesse, dit-elle, vous recommencez ?
-- Mme Romanoff, félicitez votre nièce, elle épouse le duc de Hamilton !
-- D’abord le duc de Hamilton est marié.
-- Mais oui ! dis-je.
Elle aussi, cela [lui] déplaît. Elle aussi voudrait Miloradovitch, elle a peur de Hamilton. Les plaisanteries de la princesse aujourd’hui étaient mal placées, surtout devant une des mamans qui n’aiment pas ces histoires. J’étais confuse mais pas de rougeur. Plusieurs fois on prononça le nom et je n’ai pas rougi.
C’est la fête de Mme Sacco, elle nous demanda la permission de faire danser son monde devant nos fenêtres. Paul acheta des feux d’artifice et de Bengale.
Moi et la princesse nous avons apporté des glaces à la maison, où il y avait les Anitchkoff et Khalkionoff. Je ne donne pas ma main à tout le monde, seulement aux dames et à quelques vieux, aux jeunes gens jamais. Kalkionoff prend cela personnellement.
Je suis le génie de la maison, j’en suis la vie, le mouvement et la gaieté. Je fais l’enfant gâtée, je tourmente tout le monde. Je tire les oreilles à Mme Anitchkoff et à la princesse, à propos sa petite m’adore. Les enfants ont tous les jours une nouvelle adoration. Comme les hommes, hélas !