Deník Marie Bashkirtseff

A la promenade (robe noire en taffetas, de Dina, chapeau rose, bien). Je suis dans une série de vieilles robes. Aujourd'hui notre jour, il est venu beaucoup de personnes, personne du monde. Il me semble qu'avec l'achat de la villa nos connaissances changeront, je l'espère du moins. Mme Canepa consent à nos conditions, on n'attend que le bon pour pouvoir que son mari doit lui envoyer. Oh ! quel bonheur, mon Dieu, si nous pouvons avoir cette villa ! Je le désire tant ! A la promenade, assez de monde. Gioia en étoffe orientale écrue rayée, très jolie, elle me regarde toujours.
Encore aujourd'hui, à la leçon, le bruit de sa voiture m'a bouleversé, comme je regrette de n'étre pas à la fenêtre en ce moment.
Gagarine était venu, nous avons parlé des bains et nous nous baignerons à la même heure.
Le soir maman, ma tante, Dina et Markevitch à l'Opéra Farot, ballet "La Giocogliera", et "Il Ponte del Diavolo". Le duc doit être déjà à Nice car voilà le tir qui est jeudi prochain. Je voudrais qu'il y soit. Mon Dieu, mon Dieu, comme je désire le connaître, je n'ai jamais de ma vie encore désiré rien, avec plus d'ardeur. Oh ! s'il pouvait m'aimer !
VILLA ACQUISITION AND SOCIAL MOBILITY: The Bashkirtseff family, while wealthy Ukrainian-Russian landowners, occupied an ambiguous position in Nice's winter society. Marie's father Konstantin was a provincial marshal of nobility, but the parents' separation (unusual and stigmatizing) meant the family traveled without a patriarch, led by the grandmother. Purchasing a villa was more than real estate - it signaled permanent establishment in the Riviera's elite community. By 1873, Nice hosted 25,000 foreign residents (mostly British), and villa ownership distinguished serious participants in the social season from mere hotel guests. The Meynadier villa they are negotiating for would provide a proper stage for receiving guests on their "jour" (reception day). WARDROBE AS SOCIAL CAPITAL: Marie's frustration about wearing Dina's borrowed dresses reflects genuine social vulnerability. In 1870s Nice society, women were expected to change toilettes multiple times daily - morning calls, promenade, theater each required distinct ensembles. Marie's "série de vieilles robes" marks her family's failure to maintain appropriate appearances, potentially damaging marriage prospects. Her meticulous recording of what she wears each day reflects awareness that her wardrobe is being judged. THE SOUVOROFF-GALVE STRATEGY: Marie's plan to befriend Princess Souvoroff and the de Galve family shows sophisticated social calculation. These Russian aristocratic families moved in the Duke of Hamilton's circle - attending the same events at the Cercle Massena, the pigeon shooting at Monaco, and the races at the Var. Befriending them would provide legitimate cover for being near the Duke, versus the impropriety of directly pursuing an introduction to a married man twice her age. TIR AUX PIGEONS SIGNIFICANCE: The Monaco pigeon shooting competition (established 1872, just one year prior) was becoming the premier aristocratic sporting event on the Riviera. With prizes of 20,000 francs and attracting European nobility, it was as much about social display as marksmanship. The Duke of Hamilton was listed as a commissioner, giving him official status at the event. For Marie, it represented her best chance to observe him in his element. Cross-reference: See 1873-04-03 for Marie finally attending the pigeon shooting and seeing Gioia up close. Voilà le plan qui est dans ma tête maintenant, je voudrais connaître Souvoroff, Galve et compagnie, être avec eux souvent premièrement parce que Mlle de Galve me plaît énormément et puis parce que, étant avec eux, je serais avec le Duc, voilà la grande affaire, si on pouvait faire leur connaissance. Ça ne serait pas difficile si je disais à maman ou à ma tante mon projet, elles pourraient faire connaissance avec le duc même à Monaco, mais si je ne réussis pas, je serais honteuse que quelqu'un en parle. Ce que je voulais, c'est en vérité désagréable. On me dirait: voilà une bête, qu'est-ce qu'elle a inventé. Tandis qu'en ne disant rien, si même je ne réussis pas je n'aurai pas honte. Quoique j'aie moins de chance ainsi, mais je confie plus à Dieu et tout est entre Ses mains, et personne d'autre. Si le Bon Dieu veut, Il le fera sans aide de personne. J'ai confiance en Lui. [Dans la marge: C'est bien naturel.]