Lundi 17 mars 1873
A la gare pour reconduire Emile et Sophie (robe noire, casaque grise) mais il y a eu un accident au chemin de fer en Italie et à cause de cela on ne voulait pas prendre des malles pesant plus de cinquante kilos.
Sophie devait déballer tout et faire au lieu de deux, quatre malles. Ils partent demain. Puis chez les Howard pour chercher un livre, nous ne descendîmes pas de voiture, puis un peu à pied pour rentrer d'un bout à l'autre de la promenade. J'ai vu Mlle de Galve, comme elle est bien habillée et coiffée, je voudrais savoir qui lui fait ses robes. Elle est si gentille, elle a une si jolie expression, timide, enfantine. On ne dirait pas qu'elle soit capable de fumer et de se trop décolleter comme l'autre soir.
Je voudrais être coiffée et habillée comme elle, simple, recherchée. Dina m'a dit ce matin que hier Gioia était au théâtre avec sa vieille et un monsieur: serait-il arrivé que le duc est de côté faute d'argent et qu'elle l'a abandonné. Non, je sais, tant que le duc avait assez d'argent pour l'empêcher d'avoir d'autres, il le faisait mais maintenant il est assez ruiné et elle ne peut pas rester sans revenus. Mais lui comment le souffre-t-il ? Oh ! mais est-ce qu'il / 'a comme une femme toute à lui, il sait qu'elle est à lui aussi bien qu'à d'autres, donc si elle est avec un homme, ça ne veut pas dire que le duc ne soit plus près d'elle.
[En travers: Quelle naïveté !]
Ça n'est pas sa femme. C'est une cocotte de haute volée qu'il paye. Mais s'il ne la regardait que comme cela, pourquoi elle voyage avec lui ? Pourquoi il va chez elle tous les jours. Non, elle le tient fort. Je ne sais rien; comment penser de tout cela. Je ne sais que prier Dieu de m'aider, [Rayé: d'exaucer ma prière.]
Comme je l'aime, je l'aime véritablement même quand je ne le vois pas,
[En travers: Surtout depuis que je ne le vois pas.]