Lundi 23 avril 1883

Je suis furieuse. Maman s’est arrangée avec la princesse Jeanne et son mari pour aller chez je ne sais quel scultpeur, après un déjeuner chez nous. Donc je suis obligée de causer pendant quatre heures de suite et de planter là mon tableau.
Du reste quoiqu’il arrive je suis plongée dans une tristesse noire dont je ne sors que par instants et alors avec des gaietés violentes.
Car à mon grand malheur viennent se joindre les éternels petits ennuis avec maman à propos de cette chose nécessaire d’avoir l’appui de l’ambassade, elle ne veut pas le comprendre et croit toujours que ça s’arrangera tout seul.
Mais tout ne serait rien si j’étais comme avant. Je vais encore retourner chez un médecin.
Krishaber qui m’a estropiée vient de mourir lui et sa femme. On dit qu’ils ont attrapé la peste des singes sur lesquels cet homme de science pratiquait des expériences. Il aurait mieux valu mon Dieu que ces gens-là vivent et que je ne sois pas si malheureuse.