❦
Vendredi 5 janvier 1883
Gavini nous fait entrer par les portes privilégiées. Je me sentais pâlir déjà dans la cour, les hommes affairés, les couronnes, les yeux rougis et enfin l’imposant, le grandiose catafalque et cette salle toute drapée de noir rendue petite par le nombre des couronnes et les avalanches de fleurs. Les lumières après le soleil, le cercueil tout en haut sous le dais entre les quatre colonnes noires enroulées de drapeaux tricolores...
Je me suis mise à pleurer au moment où maman m’amenait Hecht, l’ennemi qui pleurait aussi ien me serrant les mains et répétant: Oh ! merci, merci !
Je fis un geste en souriant pour m’excuser de pleurer et il est revenu à plusieurs reprises et à la porte où déjà refroidie je voulus passer sans le regarder il me ressera les deux mains avec son larmoyant: merci, merci. Enfin le grand m’a rendu aux réalités de la vie ainsi que ce pauvre Gavini qui lui avait pris Hecht pour Bastien-Lepage et qui l’avait comblé de grâces.