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Mercredi 7 septembre 1881
Je viens écrire sous le coup d’une colère folle; vous savez si les persécutions pour cause de santé m’enragent; j’entre dans mon atelier et je le trouve chauffé à blanc, le poêle flamboie, toutes les fenêtres fermées. Une attention délicate de ma tante. Il n’y a pas quatre jours que j’ai fait chauffer mais c’était un caprice de moi. Mais ce qui est au dessus de toute imagination c’est qu’on sait que ces choses-là me donnent des accès de rage et qu’on les fait tout de même. Je suis rentrée en courant et arrachant mes vêtements me suis mise pendant vingt minutes dans un courant d’air parfait en criant qu’il faut bien me défendre par tous les moyens. On ne peut donc pas comprendre que des colères pareilles et les extravagances qui en sont toujours la suite, ça fait plus de mal que n’importe quoi !Non, vrai, on manque d’intelligence autour de moi. Sans compter que je suis vraiment plus prudente qu’on s’imagine, seulement c’est si embêtant de laisser paraître les soins qu’on prend de soi ! Et puis quel plaisir puis-je avoir à être mal à l’aise, à souffrir du froid ou de l’humidité.
Enfin, c’est idiot. Seulement voilà une journée perdue, je ne puis travailler et ma colère s’en augmente ! Et puis j’ai peut-être attrapé une pleurésie ou sans aller si loin, l’effort des soins de deux mois est perdu en vingt minutes.
Mais on ne comprendra jamais ça ici. C’est comme ça pour tout. Voilà ce qui fait qu’ayant eu une existence absurde et inutile et embêtante on a saccagé mes plus belles années et que je ne suis pas sur le chemin de les rattraper !