Dimanche 31 juillet 1881

Mademoiselle de Mertens, Weeb, Klumpté sont venues voir mon tableau, mais c’est Julian ou Tony qu’il me faudrait. Comme cela sans savoir ce qu’il en est je n’ai pas le courage d’entreprendre autre chose... Enfin je suis dans quarante incertitudes et inquiétudes, plaignez-moi.
Saint Amand et Villevieille vers trois heures. Je suis allée avec cette dernière chercher un jardinet à Passy; au retour c’est la visite du père Géry que nous avons, il est comme tous les parents inquiet de son cher fils, je lui en dis des bêtises; il est brouillé avec Plon-Plon, c’est Lachaud qui a fait le coup, Gavini n’en sort pas mieux que Géry, tant pis pour le prince. Du reste tous ces gens-là sont fous de servir des hommes ! On dit que le prince est le plus horrible des ingrats, d’autres le disent aussi mais c’est justement ces choses qui me faisaient aimer ce Napoléon étrange. On dit que je n’ai pas de cœur et je m’imagine qu’il est pareil à moi. Du reste croyez-moi, il n’y a que la République. Et la peinture.
J’étais certaine d’avoir un sujet magnifique. Un groupe d’hommes devant une affiche électorale. Julian n’en est pas fou, du reste je n’ai pas encore trouvé l’emplacement.
Ah ! que c’est agaçant.