1877-04-26

dans la margenote de Marie sur la page de titre du Livre 71
desinit in piscen. Hir.
Pièce inséréemaximes sur la page de titre du Livre 71
Remittum ei peccata multa quoniam dilexit multum (Luc) Dulciores sunt lacrymae orantium quam gaudia theatrorum (Augustin)
Après un accès de fièvre et une journée pluvieuse occupée à faire le tour des boutiques, je me sens bien le soir. Je voyage sans goût et pas du tout comme j’aurais dû. Pas le moindre objet d’art, pas même un album. C’est que je pensais acheter avant le départ, c’est une erreur pour des gens comme nous, il faut acheter en arrivant.
Quand je pense quels jolis souvenirs j’aurais déjà pu avoir à présent, j’ai tant voyagé et peu à peu... Ah ! ne nous enrageons pas...
Ce soir réunion de la jeunesse présidée par le plus beau de tous les Melissano.
J’ai joué et chanté avec ma gorge malade ! Ah ! Dieu, quand serai-je guérie !
J’ai croqué la tête de Melissano grandeur naturelle, en deux minutes. Porcinari tenait la toile. Et j’enterre tous mes talents ! La ressemblance est frappante. Campomarino s’est tourné depuis trois ou quatre jours vers Dina, ce qui me cause un étonnement mêlé de peine. C’est une preuve assommante de ma décadence.
Cassagnac est condamné et je lui envoie le télégramme suivant :
rayétélégramme de Marie à Paul de Cassagnac, 26 avril 1877, rayéParis, rue de Bologne 10 bis Monsieur Paul de Cassagnac Nous avons suivi les débats et je vous félicite. Cette défaite est un triomphe. Marie Bashkirtseff
Mes petits enfants sont les plus gentils, les plus utiles, les plus fidèles. Leurs maisons sont les premières maisons de Naples et ce qu’ils raconteront à leur famille ne peut me faire que du bien. Je juge d’après Paul.
Déjà Melissano a tambouriné par tout Naples que je sais Dante par cœur. Pauvre Melissano, il a le même tort que Santasiglia et le secrétaire de l’hôtel. Suis-je heureuse en conquêtes !!