Jeudi 29 juillet 1875

Je subis tous les ennuis qui accompagnent un départ. On se dépêche, on se fâche, on court, on oublie, on se rappelle, on crie.
Je suis toute déferrée.
Et voilà qu’on parle de rester jusqu’à samedi.
Ce Stiopa voudrait remettre de jour en jour. C’est son caractère, il n’a le courage de rien. Il devait quitter la Russie au commencement d’avril et il n’est parti qu’au commencement de juillet. C’est impatientant !
Nous restons. On me supplie de partir voyant que je suis contrariée mais je déclare qu’on m’a impatientée par ces stupides discours et que je ne veux pas partir et ne partirai pas.
A la suite de ça, chacun plie devant moi et je fais la capricieuse. J’ai mal à la tête.
Nous allons à Villefranche. Pour m’amuser je menace du doigt trois curés en pleine Promenade qui restent ébahis et un quatrième gros et grave sur le pont et, enchantée je rentre de la meilleure humeur du monde.
A dîner moitié riant, moitié sérieusement, je cherche querelle à mon grand-père. Mon cher oncle Georges est ici, je dois subir cette face d’ivrogne !
Après tout ce n’est pas un mal de rester encore deux jours. J’ai le temps.