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Dimanche, 16 mai 1875
Notre geste, le geste maçonnique à l’aide duquel nous nous reconnaissons, c’est, c’est, voyons comment expliquer...
Quand on se donne un coup à la main en heurtant une table ou autre chose, on secoue la main, et bien voilà notre signe.
Nous le faisons partout même au théâtre, au théâtre un semblant sans doute, car le geste tout entier est familier aux Niçois quand on leur en conte de bonnes.
J’étais à l’église, je travaille l’après-midi et à cinq heures nous sortons, les petites filles sous le patronage de ma tante. Souvent nous nous promenons seules et ne nous conduisons pas trop mal.
Au moment où nous sortons, Audiffer sort de sa ruelle, qui est presque en face de notre porte, et penchant sa tête tantôt à droite tantôt à gauche pour dépasser le dos de son cocher, nous suit dans la ruelle qui mène à la Promenade. Nous arrêtons aux bains Georges, il passe mais au bout d’un instant se retourne et descend. Les nôtres étaient dans la cabine et je me tenais à la porte essayant sans pouvoir réussir de la fermer.
Juste en ce moment Girofla vient en face de moi et descend tout à fait au bord de la mer où l’on s’assied pour regarder les baigneurs.
Impatientée de ne pouvoir fermer cette porte j’allai fermer celle qui donne sur la mer et tout en y essayant la moitié du corps hors de la cabine je répondais à Marie: Non, aujourd hui je ne me baignerai pas. J’avais à peine achevé que le beau zéro, comme le nomme Collignon disparaissait, monté sur son char, assez élégant ma foi, et filait.
Est-ce par hasard, est-ce exprès ? Je ne sais, mais pendant que nos demoiselles se baignaient et que moi et ma tante les attendions assises au bord, je riais comme... comme je ris quand de pareils hasards arrivent.
Les autres sen allèrent en voiture et moi je vins les trouver à la musique, à pied avec ma tante.
(suite au prochain livre).