Lundi, 15 juin 1874

En attendant qu’on vienne me chercher, je regarde par la fenêtre et vois passer grande quantité de monde de toutes espèces et entre autre le prince de Wittgenstein, il s’essuyait le gilet devant. En vérité j’épie tous les mouvements de ce monsieur, c’est honteux et je me rends ridicule, devant qui ? C’est agréable de lire après, lorsqu’il y a tous les détails.
Maman le trouvait très beau à Nice et alors je cherchais à voir s’il était vraiment beau. Il est beau, mais ce n’est pas mon genre.
On vient me chercher pour voir du Sèvres dans un bric-à-brac puis chez Duval, ses meubles sont magnifiques, je crois que nous n’irons plus chez ce paysan de Smith. Duval est le premier et ses prix sont plus raisonnables que ceux de Smith. Nous avons marché tout l’après-midi.
Nous allons voir « Le pied de mouton », c’est une pièce de foire. C’est stupide.
Paul taquine Dina et ils nous font rire comme des fous toute la soirée.
J’ai une nouvelle passion ajoutée à celle des chiens, celle des joujoux, des jouets d’enfants. Mais j’en suis folle !

Notes

Le Pied de mouton : féerie, spectacle de conte de fées riche en machinerie, d’Alphonse Martainville et César Ribié (Théâtre de la Gaîté, 1806), modèle du genre et souvent reprise. ↩
En russe dans le manuscrit ; traduction française de l’éditeur. ↩