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Jeudi 31 juillet 1873
A cinq heures sur pied. L’hôtel détestable, mais comme j’étais sans bottines, j’étais contente de n’importe quoi. Chacun à son tour se mouilla dans ce fameux bain de siège. J’ai prié la hostess de m’envoyer un cordonnier avant huit heures du matin. Elle m’en envoya un du Crispino à la comare [sic] avec des bottines impossibles ! J’étais forcée de prendre une paire, mais quels pieds !!! J’ai peur de remuer de peur qu’on ne les voie. Nous entrâmes dans un coupé pour fumatori, vis-à-vis nous avions quatre messieurs, un je ne sais pas quoi, l’autre un détestable Dalbera qui tout le temps me regardait, le troisième, un petit purse [?] avec lequel Paul brûlait d’envie de parler. Dina tout le temps minaudait, le quatrième je ne sais pas quoi, il me semble un Anglais, très bien, une étrange figure, pour pouvoir en avoir une idée, il faut prendre le prince de Galles, lord Howard, le duc de Hamilton et un peu M. Randouin, et en faire un seul. Il est roux, habillé en foulard blanc et bleu à petits carreaux. Mais en lui le duc de Hamilton domine, surtout les yeux, quand il me regardait, alors chaque fois il me semblait que c’est le duc, il parle bien l’italien, c’est dommage s’il est de cette vilaine nationalité. Je hais les hommes italiens ! J’adore les Anglais !
Nous voilà à Milan où nous avons dîné. C’est si bon marché, douze francs.
Depuis Milan le pays est adorable, si vert, si plat que l’on peut étendre le regard jusqu’à l’infini sans qu’il y ait des montagnes qui se mettent comme un mur devant les yeux.
Pour la nuit je me suis très bien arrangée, avec deux places et j’ai dormi parfaitement.