Diary of Marie Bashkirtseff

# Dimanche 17 août 1884

Monday, 18 August 1884. Tuesday, 19 August 1884.

Mardi 1 9 août 1884

I am so poorly that I can barely manage to put on a cotton dress without a corset to go to Bastien's.

Je suis tellement patraque que j'ai à peine la force de mettre une robe de toile sans corset, pour allez chez Bastien.

His mother receives us with reproaches. Three days! Three days without coming! It is horrible. And as soon as we are in his room Emile cries: why — so it's over! What, no more friendship!

La mère nous reçoit par des reproches. Trois jours ! Trois jours sans venir ! Mais c'est horrible. Et sitôt dans sa chambre c'est Emile qui s'écrie: comment c'est donc fini ! Eh quoi plus d'amitié.

— Well then, you are abandoning me, he himself says then. Ah! That is not right!

- Eh bien vous me lâchez-donc dit alors *lui-même.* Ah ! ce n'est pas bien !

My vanity would wish me to repeat here all the amiable reproaches he lavishes on us and his assurances that never, never can we come too often.

Ma coquetterie voudrait que je répète ici tout ce qu'il nous dit d'aimables reproches et d'assurances que jamais, jamais nous ne pouvons venir trop souvent.

But I ought to be dancing for joy! Emile said he only brightened up at our arrival.

Mais je devrais danser de joie ! Emile a dit qu'il ne s'est animé qu'à notre arrivée.

In short it is to a touching degree... There is no longer any room for hesitation, for my friends — he threatened to beat me!

Enfin c'est à un point touchant... Il n'y a plus moyen d'hésiter car mes amis il a voulu me battre !

You understand that after such a physical demonstration I can no longer doubt his affection.

Vous comprenez qu'après des voies de faits je ne puis plus douter de son amour.

My aunt having told him that I prevented them from coming to see him every day, I drew near and knelt before the bed:

Ma tante lui ayant dit que je leur empêchais d'aller le voir tous les jours je me suis approchée, à genoux devant le lit:

— Yes — because the people one loves most end up being tiresome... Every day.

— Oui, parce que les gens qu'on aime le plus finissent par ennuyer... Tous les jours.

Then he seized my chin — hear this, peoples of France! — and raised his hand [Crossed out: made the gesture of striking me] while I offered him my back. He did not deign to strike. But here is an art student who has taken me by the chin. Good heavens.

Alors il m'a saisi le menton, écoutez ça, peuples de France, et a levé la main [Rayé: fait le geste de me battre] pendant que je lui présentais l'échine. Il n'a pas daigné frapper. Mais voilà un rapin qui m'a pris le menton. Sapristi.

After that, no more hope, my friends — I am nothing but a [little girl].

Après ça plus d'espoir mes amis, je ne suis qu'une [gamine].

And as he insisted we should come:

Et comme il insistait pour qu'on vienne:

— To make oneself adored one must make oneself desired, I say.

— Pour se faire adorer il faut se faire désirer dis-je.

— Oh! but the day has twenty-four hours — give me one hour and twenty-three remain during which one desires you...

— Oh ! mais la journée a vingt-quatre heures en me donnant une heure il en reste vingt-trois pendant lesquelles on vous désire...

— If that is how it stands, I say [with] comic emotion, I am conquered... Yes, since it is so... No more resistance possible!

— Si c'est à ce point, dis-je [avec] une émotion comique, je suis vaincue... Oui, du moment qu'il en est ainsi... Plus de résistance possible !

Emile dines with us, the priest and his daughter.

Emile dîne avec nous, le pope et sa fille.

But what do you think of Jules? First of all he is perfect — in my wildest dreams... I could not have wished him more affectionate toward us. I am grouped with the others, in one block.

Mais que dites-vous de Jules ? D'abord il est parfait, dans mes rêves les plus... Je ne pouvais le voir plus affectueux pour nous. Moi je suis avec les autres, en un bloc.

And Mme Mackay?

Et Mme Mackay ?