Diary of Marie Bashkirtseff

I had to restrain myself with all my might from slashing my canvas with a knife. Not one corner of it is done as I would wish!! And still another hand to do! But once that hand is done, there is everything to redo!!! Ah! Wretchedness — damnation.

Il a fallu me tenir à quatre pour ne pas crever ma toile à coups de couteau. Il n'y a là pas un coin fait comme je le voudrais !! Et encore une main à faire ! Mais cette main faite il y a tout à refaire !!! Ah ! misère, damnation.

And three months — three months.

Et trois mois, trois mois.

No!!!

Non !!!

In Bastien's studio there was a great basket of flowers. These flowers seemed to be a day old. Mme Mackay had sent them then, for the beloved himself. I do not know why I thought of it all afternoon with bitterness, with sadness — a sort of drunkard's sentimentality (why drunkard's?) to the point of weeping: three or four wretched tears that did not fall.

Il y avait dans l'atelier de Bastien une grande corbeille de fleurs. Ces fleurs paraissaient dater d'un jour. Mme Mackay les a donc envoyées pour l'aimé même. Je ne sais pas pourquoi j'y ai pensé tout l'après-midi avec amertume, avec tristesse, une sorte d'attendrissement d'ivrogne (pourquoi d'ivrogne ?) au point d'en pleurer, trois ou quatre misérables larmes qui ne sont pas tombées.

That basket which he found there on his arrival enrages me.

Cette corbeille qu'il a trouvée là en arrivant m'enrage.

It is absurd — but it is like a bar set before me that leaves me with the sadness of a sick child.

C'est absurde mais c'est comme une barre qu'on aurait posée devant moi et qui me rend d'une tristesse d'enfant malade.

I amused myself making a basket of strawberries such as one has never seen. I picked them myself with their stems — real clusters; there were even some green ones, for love of the colour. And leaves. In short: marvellous strawberries picked by an artist with every delicacy and care, as when one does something one is not accustomed to. And with them an entire branch of red currants. I crossed the streets of Sèvres like that, and held the basket on my knees in the tramway, taking care to hold it slightly raised so that the air passed underneath and my warmth would not wilt the strawberries, not one of which had a mark or bruise.

Je me suis amusée à faire une corbeille de fraises comme on n'en voit pas. J'en ai cueilli moi-même avec les tiges, de vraies grappes, il y en avait même de vertes par amour de la couleur. Et des feuilles. Enfin des fraises merveilleuses cueillies par un artiste avec toutes sortes de délicatesse et de coquetterie comme lorsqu'on fait une chose inacoutumée. Et avec ça une branche entière de groseilles rouges. J'ai traversé comme ça les rues de Sèvres et j'ai tenu le panier sur mes genoux en tramway en ayant bien soin de le tenir un peu en l'air pour que le vent passe dessous et que ma chaleur ne fane pas les fraises dont pas une n'avait une tache ou une meurtrissure.

Rosalie laughed: if someone from the household saw you. Is it possible!

Rosalie riait: si quelqu'un de la maison vous voyait. Est-ce possible !

— But it is on account of his painting, which deserves it. Mme Mackay loves his face, which deserves nothing. But his painting.

— Mais c'est à cause de sa peinture qui le mérite. Mme Mackay aime sa figure qui ne mérite rien. Mais sa peinture.

— So it is the painting that will eat the strawberries?!

— Alors c'est le tableau qui mangera les fraises ?!

— [Crossed out: No but one]

— [Rayé: Non mais on]