Saturday, 29 December 1883
Oh, wretchedness! There are black days... sad, despairing, soiled... Soiled... These Engelhardts, that newspaper, what it causes people to say, believe, invent...But I have never done anything immoral! And when I think — it is my own fault.
Some years ago, that craze I had for photographing myself in a thousand different costumes... My family let me do it... they saw no harm in it — Marie is ravishing, she dresses up and arrays herself delightfully, it amuses her, and off she goes! Everyone who sees those photographs takes them for those of an actress... and the photographer himself must have thought some odd things...
Today, looking at the one where I am in Empire costume,1 Villevieille and Claire laughed.
The lines — too... sculptural — the folds that reveal the form... people find it improper.
Oh! my friends, lose everything — but keep up appearances!
Well, these petty miseries make me profoundly unhappy. I have only lately come to know what is quite proper, and it is my family's fault.
Ah! that is hardly a consolation... If one says foolish things, one is right while being infinitely wrong... And there are contemptible, petty, insignificant things, of which I am innocent, that cannot be recovered. Oh, wretchedness.
There are sad, despairing, black days. I am covered with slanders...
And I have done nothing — neither to myself nor to others. Claire and Villevieille work, and I weep writing at the other end of the library...
I feel sullied; [words blackened: but there] are things... that one must know — proprieties... Things... and conform to them... Otherwise...
Every fortnight we have a Saturday at the Italians.2
Saturdays are the height of chic. We go this evening — my aunt and I, Géry, Morgan, and Rodolphe Julian. I am in black, naturally, very little décolleté, a charming gown, my hair done like everyone else, twisted up on top — but not at my best. There are days when one radiates brightness; others when one is like an extinguished lantern. I am extinguished. We bring Julian back for supper. He, like me, had visions of Balzac in that hall at the Italians. It is ravishing, elegant, artistic. In the dress boxes alone, five or six women painters.
Myself, Mlle de Pranuelos, la Darhas, de Luynes, the Marquise d'Hervey de Saint-Denis — and who else? Cabanel. The cream of Paris, and I was not at my best, nor at ease. Another time. They had staged a new opera by Verdi — Simon Boccanegra3 — which seemed to me tedious.
Ô misère ! Il y a des journées noires... tristes, désespérées, salies... Salies... Ces Engelhardt, ce journal, ce que cela fait dire, croire, inventer... Mais je n'ai jamais rien fait d'immoral ! Et quand je pense II C'est ma faute. Il y a quelques années de cela cette rage que j'ai eu de me photographier en mille costumes différents... Les miens m'ont laissé faire... ils n'y voyaient aucun mal, Marie est ravissante, elle se costume et s'habille à ravir, ça l'amuse et allez donc ! Tous ceux qui voient ces photographies les prennent pour celles d'une actrice... et le photographe lui-même a dû penser de drôles de choses... Aujourd'hui en regardant celle où je suis en costume Empire Viilevieille et Claire ont plaisanté. Les lignes par trop... sculpturales, des plis qui accusent la forme... on trouve ça inconvenant. Oh ! mes amis perdez tout mais gardez les apparences ! Enfin ces infimes misères me rendent profondément malheureuse. Je ne sais que depuis peu ce qui est tout à fait convenable, et c'est la faute de ma famille. Ah ! ce n'est guère une consolation... Si on dit des bêtises on a raison tout en ayant infiniment tort... Et voilà des choses méprisables, petites, infimes, dont je suis innocente et qui ne peuvent pas se rattraper. Ô misère. Il y a des jours tristes, désespérés, noirs. On me couvre de calomnies... Et je n'ai rien fait ni à moi ni aux autres. Claire et Viilevieille travaillent et je pleure en écrivant à l'autre bout de la bibliothèque... Je me sens souillée; [Mots noircis: mais il] y a des choses... qu'il faut savoir, des convenances... Des... et s'y conformer... Autrement... Nous avons tous les quinze jours un samedi aux Italiens. Les samedis sont le comble du chic. Nous y allons ce soir. Ma tante et moi, Géry, Morgan et Rodolphe Julian. Je suis en noir cela va sans dire, décolletée très peu, une robe charmante, coiffée comme tout le monde, les cheveux tordus sur le haut de la tête mais pas en beauté. Il y a des jours ou l'on dégage de la clarté, d'autres ou l'on est comme une lanterne éteinte, je suis éteinte. Nous ramenons Julian souper à la maison. Il avait comme moi des visions de Balzac dans cette salle des Italiens. C'est ravissant, élégant, artiste. Rien qu'aux premières loges cinq ou six peintres femmes. Moi, Mlle de Pranuelos, la Darhas, de Luynes, la marquise d'Hervey de Saint-Denis et encore qui ? Cabanel. La crème de Paris et je n'étais pas en beauté ni à mon aise. A une autre fois. On a chercher un nouvel opéra de Verdi, Simon Boccanegra et qui m'a paru ennuyeux.