But here at home the situation is tearful. On one side Maman, desolate about leaving; and I, crushed at the thought of remaining with my aunt — some foolish superstition. And on the other side, my aunt, who has no one in the world but us, but me — who says nothing but is wounded to the heart to see that I would suffer staying with her. I am at the end of my strength: I stay there all day without opening my mouth for fear of weeping, throat tight, ringing in my ears, and a strange sensation — as if the bones were about to pierce the flesh that wastes away and that I cannot feel. And this poor aunt, who would like me to be content, who wants me both to leave and to stay with her, and who is already crying out inwardly — I know her well: "Marie is leaving too; they will never come back!" Everything is possible. I tell you I am at the end of my strength, I believe in nothing and believe everything possible. Neither staying nor going does me any good, but it seems to me one will spend less time with me in the end. Besides, I know nothing.
Mais ici à la maison la situation est larmoyante. D'un côté maman désolée de partir et moi assommée de rester avec ma tante, une superstition bête. Et d'un autre côté ma tante qui n'a que nous, que moi au monde et qui ne dit rien mais qui est blessée au cœur de voir que je souffrirais de rester avec elle. Je suis à bout de forces, je reste là tout le jour sans désserer les dents pour ne pas pleurer, la gorge serrée, des bourdonnements dans les oreilles et une drôle de sensation, comme si les os allaient percer la chair qui s'en va, que je ne sens pas. Et cette pauvre tante qui voudrait que je sois contente et que je parte et que je reste avec elle et s'écriant déjà en elle-même, je la connais bien allez: Marie part aussi, ils ne reviendront plus jamais ! Tout est possible, je vous dis que je suis à bout de forces, que je ne crois à rien et crois tout possible. Ni rester ni partir ne me vaut rien mais il me semble qu'on restera moins longtemps avec moi. Du reste je ne sais rien.